La photo d’une petite Hondurienne en pleurs, alors que sa mère est fouillée par la police américaine aux frontières, a fait le tour du monde.

Dans un spectaculaire retournement, Donald Trump a décidé de mettre fin aux séparations des familles de migrants arrivées illégalement aux États-Unis, qui ont provoqué une vague d’indignation mondiale et un profond malaise au sein de son parti. La photo d’une petite fille hondurienne – avec la pression d’élus républicains, de l’opinion publique et sûrement aussi d’Ivanka Trump – n’y est peut-être pas pour rien.

Sur le cliché capturé par le photographe John Moore, lauréat du Prix Pulitzer et correspondant pour Getty Images, la petite fille de 2 ans est en larmes face à sa mère hondurienne qui se fait contrôler à la frontière entre les États-Unis et le Mexique. Il fait nuit, vêtue d’un pull rose, le visage tordu par les pleurs, l’enfant apparaît en détresse. La photo est prise à hauteur d’enfant, on ne voit que les jambes de sa mère et du policier qui la fouille, ajoutant à l’angoisse de la scène.

« Une hondurienne demandeuse d’asile de deux ans et sa mère sont arrêtés près de la frontière américano-mexicaine. La politique ‘tolérance zéro’ de l’administration Trump pour les immigrants sans papiers implique la séparation des enfants de leurs parents », explique le photographe John Moore sur Twitter.

Entre le 3 mai et le 9 juin, plus de 2.300 enfants ont été séparés de leurs parents au moment où ils pénétraient sur le sol américain. Les adultes clandestins sont désormais poursuivis et écroués de manière systématique et les enfants sont envoyés dans des centres de rétention.

Cette photo réalisée le 12 juin dernier et reprise en une du « New York Times » et du « New York Daily Mail » est devenue un des symboles de cette violence politique. Bouleversant l’Amérique et le monde entier.

« Je me suis arrêté pour reprendre mon souffle »

C’est en reportage dans la vallée du Rio Grande pour témoigner du sort réservé à ces familles qui tentent de rentrer illégalement aux États-Unis, que le photographe John Moore a pris ce désormais célèbre cliché. Il raconte l’histoire de cette photo sur le site FOTO de Getty Images.

Cela fait 10 ans que le photojournaliste documente les rapports entre immigrés clandestins à la frontière mexicaine et policiers américains en patrouille. Pourtant, ce qu’il a vu ce 12 juin, à McAllen, ville-frontière du Texas, l’a bouleversé.

« En tant que père, c’était très difficile pour moi de voir ces familles détenues, en sachant qu’elles seront bientôt séparées […] Je pouvais voir sur leurs visages qu’elles n’avaient aucune idée de ce qui allait leur arriver. »

« Je doute que ces familles étaient au courant de la nouvelle politique de l’administration Trump sur la séparation des parents et des enfants à la frontière », commente le photographe qui a entendu la police ordonner à la mère de l’enfant de 2 ans de poser sa fille au sol afin d’être fouillée. C’est à cet instant que la petite fille s’est immédiatement mise à pleurer et qu’il a capturé l’instant :

« Cette situation aurait stressé n’importe quel enfant. Je n’ai pris que quelques photos avant d’être moi-même submergé par l’émotion. »

« Sa mère m’a dit qu’elles voyageaient depuis plus d’un mois », se souvient le photographe :

« Elles étaient épuisées. Elles ont été arrêtés avec un groupe d’une vingtaine de migrants composé de femmes et d’enfants, aux alentours de 23 heures. »

Le photographe raconte ensuite qu’il a été « obligé de s’arrêter » pour reprendre son souffle après que la mère et sa fille ont été emmenées dans un véhicule de la police aux frontières, qui a sûrement fini par les séparer.

Si Donald Trump a depuis accepté d’adoucir – un peu – sa politique, rien ne garantit aux parents qu’ils retrouveront un jour les enfants qui leur ont été arrachés.