L’avocat Régis de Castelnau sous-entend sur Twitter qu’un homme a été condamné ces jours-ci pour avoir chanté du Brassens devant des policiers. Plusieurs personnalités ont repris son message en s’indignant, mais cette histoire remonte à 2009.

Question posée sur Twitter le 03/11/2019

Bonjour,

Vous faites référence au tweet de l’avocat Régis de Castelnau, qui a posté ce 3 novembre 2019 le message suivant, retweeté plusieurs centaines de fois : «Il s’est trouvé un procureur pour poursuivre et des juges du siège pour condamner. La dégringolade de magistrats devenus garde chiourmes et censeurs continue. La violence policière contre la liberté de manifester, en revanche c’est toujours open bar».

Sur la photo de la coupure de presse accompagnant son tweet, on peut lire en effet qu’un homme, ivre, a chanté «Hécatombe» de Brassens devant des policiers qui n’auraient pas beaucoup apprécié le couplet sur les «mégères gendarmicides». Selon Ouest-France et l’Agence France Presse qui signent cette brève, l’homme a depuis été condamné à un travail d’intérêt général de 40 heures et à verser 200 euros aux policiers pour outrage.

Ce tweet a été repris par plusieurs personnalités, dont le député européen écolo Pascal Durand ou le journaliste du Média Serge Faubert. Avant de supprimer son tweet, le journaliste Aymeric Caron s’était emporté sur Twitter : «Dites-moi que c’est une blague, ou un cauchemar dont je vais me réveiller : un citoyen, condamné pour avoir chanté du Brassens à proximité de policiers ??? France, 2019 ? Mais c’est impossible, ce n’est pas le pays où je suis né».

De fait, cette histoire n’a rien à voir avec l’actualité récente. Comme le raconte le site de Ouest-France, cette histoire date de 2009. «Dans la nuit du 24 juillet 2009, un Rennais de 27 ans avait chanté Hécatombe, de Brassens, dans laquelle il est question de « mégères gendarmicides ». Et ce, depuis la fenêtre d’un appartement de Cherbourg. Le public ? Trois policiers qui n’ont pas apprécié».

En 2011, selon Sud-Ouest, c’est en soutien à cet homme de 27 ans, qu’une trentaine de personnes avaient été interpellées après avoir chanté la même chanson devant un commissariat de Toulouse. «Répondant à des appels à la mobilisation lancés sur internet ou par SMS, les protestataires avaient entrepris de chanter, devant le commissariat de cette ville volontiers frondeuse, la chanson dans laquelle des « mégères gendarmicides » de Brive-la-Gaillarde se ruent sur les représentants de l’ordre et font crier à un maréchal des logis: « Mort aux vaches, mort aux lois, vive l’anarchie »», écrivait alors le quotidien en 2011.

Toujours la même année, deux personnes avaient également poursuivies pour avoir changé du Brassens devant la préfecture de police de Paris. Avant d’être relaxés.

Cordialement