Ce soir sur France 3, l’actrice entre, une fois de plus, dans la peau d’une femme flic pour une enquête au sujet fort et trop méconnu : les enfants réunionnais de la Creuse.

Femme flic, c’est un passage obligé, dans une carrière d’actrice ?

Sara Martins : (Rires) En tout cas, c’est une fonction que j’occupe beaucoup en ce moment ! On me voit souvent dans ces rôles de femmes fortes, même si j’aimerais bien m’essayer à la comédie romantique, et ce genre de partition n’est pas toujours dans l’émotion. Là, il y avait autre chose de plus puissant à jouer : tout part de la mort d’une jeune femme, avant son mariage, et la petite histoire rencontre la grande…

Justement, connaissiez-vous l’histoire de ces enfants de la Creuse ?

J’en avais un peu entendu parler, et c’est d’ailleurs ce sujet qui m’a motivée pour accepter le rôle. Ce scandale a duré près de vingt ans. Pour des raisons de régulation de la natalité, on arrachait les enfants réunionnais à leurs parents et on les envoyait dans des familles dans la Creuse.

Votre personnage dit : « La couleur de ma peau n’a jamais été un problème pour moi. » Diriez-vous la même chose ?

Tout à fait. Parfois, cela peut être un combat, car cela demande toujours d’être justifié, mais ce n’est pas un « problème ». Je fais partie, avec Aïssa Maïga, des seize actrices qui ont écrit Noire n’est pas mon métier (Seuil), un recueil de témoignages de femmes noires dans ce milieu. On se rend bien compte que, depuis quarante ans, cela n’a pas beaucoup évolué.