Après des décennies d’interrogations, des chercheurs pensent enfin avoir percé l’un des plus grands mystères de l’Antarctique : les icebergs verts. Des particules provenant du continent pourraient être à l’origine de la teinte surnaturelle de ces masses de glace.

La question le taraudait depuis plus de trente ans. Mais le glaciologue Stephen Warren pourrait enfin avoir élucidé le mystère. Une énigme glaçante, ou plutôt « glacée » : celle de l’étrange couleur arborée par certains icebergs en Antarctique… le vert.

La première rencontre entre le glaciologue de l’Université de Washington et l’une de ces étranges masses de glace verdâtre a eu lieu en 1988. Alors parti en expédition aux abords de la Barrière d’Amery – un amas de glace couvrant une grande partie de la baie de Prydz ; à l’Est du continent austral – le scientifique a pu observer pour le première fois de sa carrière l’énigmatique phénomène.

Une première rencontre marquante

« Quand nous avons escaladé cet iceberg, la chose la plus extraordinaire n’était en fait pas la couleur mais plutôt la clarté. La glace n’avait pas de bulles. Il était évident qu’il ne s’agissait pas de glace ordinaire provenant d’un glacier« , se remémore le glaciologue. Un premier élément troublant qui a fait naître chez le chercheur son intérêt pour ces mystérieux « icebergs verts ».

En analysant cette glace exempte de bulles, Stephen Warren et ses collègues ont découvert qu’il s’agissait effectivement d’une glace inhabituelle : de la glace de mer. Une glace qui se forme non-pas à partir de l’accumulation de neige, mais à partir de l’eau de l’océan ; et qui n’emprisonne donc pas de bulles d’air, comme c’est le cas dans le reste des glaciers.