Le déploiement des radars fixes de nouvelle génération, capables de détecter de nombreuses infractions, a débuté. Ils flasheront pendant ce week-end de la Pentecôte et 400 doivent être mis en service d’ici à la fin de l’année.

Ils sont encore peu nombreux, ont connu un léger retard au démarrage, mais se révèlent… re-dou-ta-bles ! Alors que ce vendredi est classé orange dans le sens des départs sur l’ensemble de l’Hexagone et rouge en Ile-de-France, à l’occasion à l’occasion du week-end prolongé de la Pentecôte, un nouveau type de radar particulièrement efficace commence à pousser le long des routes.

Quelques dizaines de ces appareils baptisés radars tourelles fonctionnent déjà un peu partout en France mais, la délégation à la Sécurité Routière l’assure, 400 exemplaires seront mis en service d’ici à la fin de l’année. Une deuxième vague de déploiement est même programmée, avec 1200 radars installés d’ici à la fin 2020, répartis aléatoirement dans 6000 cabines… dont certaines feront donc office de leurres.

Caméra très haute définition

Perchés sur des mâts de 4 m de haut afin de balayer une large zone – jusqu’à 200 m –, mais aussi éviter d’éventuelles dégradations, ces radars tourelles sont de véritables shivas des PV automatiques. À l’intérieur de leur boîtier reconnaissable par sa forme bien plus longiligne que celle des cabines classiques, un radar de toute dernière génération, le Mesta Fusion 2, actuellement homologué pour deux types de contrôle : la vitesse, contrôlée potentiellement sur huit voies de circulation et jusqu’à 32 véhicules à la fois, et le franchissement de feu rouge.

L’engin pourra également, dans les mois qui viennent, détecter une multitude d’autres infractions. Impossible d’échapper à sa vigilance, pilotée par une caméra à très haute définition, en cas d’oubli de ceinture de sécurité, d’utilisation d’un téléphone portable au volant ou de non-respect de la distance de sécurité.

Le Mesta Fusion 2 sera également capable de déceler et de verbaliser un conducteur empruntant la bande d’arrêt d’urgence sur autoroute, celui qui dépassant un autre véhicule par la droite ou même, ce sera là encore une première, celui coupable de ne pas rouler assez vite, à moins de 80 km/h sur une autoroute limitée à 130 !

Artillerie lourde

Une telle efficacité fait déjà grincer des dents. « Ce déploiement donne le sentiment que les pouvoirs publics sortent l’artillerie lourde pour défendre coûte que coûte le passage de la limitation de 90 à 80 km/h, dénonce Pierre Chasseray, délégué général de l’association 40 millions d’automobilistes. S’il n’y a pas de débat sur l’importance de contrôler le portable au volant ou le respect des distances de sécurité, nous émettons de sérieux doutes sur la fiabilité annoncée du contrôle de ce type d’infractions. »

Par exemple ? « Les radars de vitesse se concentrent sur la plaque d’immatriculation et leur flash assombrit l’habitacle des véhicules, ce qui rendra difficile de distinguer le comportement du conducteur et pourra faire naître beaucoup de contestations. Même chose pour le respect des distances de sécurité. Nous craignons que beaucoup soient verbalisés à tort, car un radar enregistre une situation à un instant « T » et non un comportement qui se détecte sur un laps de temps d’au moins plusieurs minutes. »