Le président ex-LR de la région Hauts-de-France réclame une remise à plat de l’ensemble de la fiscalité, et prône un allongement de la retraite à 65 ans d’ici 2035 pour en maintenir le financement.

«Le grand débat a été une réussite avec 1.5 millions de contributions. Les Français ont fait leur part de boulot ; maintenant au président, au gouvernement, de faire leur part de boulot (sur les mesures qui en sortiront)», a fait valoir Xavier Bertrand, jeudi, sur RTL. «Si c’est un mois de plus parce qu’ils ne savent pas comment atterrir, là je leur dis, attention danger. On est au bout d’un système», a assuré le président ex-LR de la région Hauts-de-France, en appelant à «ne plus faire des réformes a minima». «Il ne faut plus faire semblant».

La priorité est selon lui «la réforme fiscale», car «tout est parti de la réforme fiscale», a-t-il jugé en référence à la crise des «gilets jaunes». «Ce n’est pas seulement l’augmentation des carburants, c’est l’augmentation des taxes sur le prix des carburants», a-t-il indiqué, regrettant qu’on «taxe partout et tout le temps». «Il faut baisser l’ensemble de la fiscalité», a-t-il insisté. «La France serait une entreprise, elle serait en faillite depuis des années et des années, elle aurait déposé le bilan».

TVA, impôt sur le revenu et retraites sont autant de pistes à explorer selon lui. «La question de la TVA sur les produits de première nécessité» doit être mise sur la table avec un taux ramené à zéro. «Pas sur 1000 produits (mais) sur 100 (ou) 200 produits de façon à pouvoir baisser le panier de la ménagère», a-t-il précisé, en évaluant à «vingt euros par mois» le gain pour le consommateur, et à deux à quatre milliards le coût pour l’État. «Suppression de la TVA pour cent à deux cents produits de première nécessité pour se nourrir», a-t-il répété. «Cette crise des “gilets jaunes”, c’est une crise du quotidien, des gens qui comptent pour remplir leur frigo».

«Je plaide pour une remise à plat fiscale».

Quant à l’impôt sur le revenu, l’ancien ministre juge que «la première cible ce sont les gens qui travaillent, qui ont travaillé, qui sont (payés) jusqu’à deux (ou) trois (fois le) Smic». «Si vous passez le premier taux (d’imposition) de 14% à 12,5%, là encore c’est un effort de 5 milliards», a-t-il expliqué mais «ça peut faire 200, 250, 300 euros» de plus par an selon la composition du ménage.

Une mesure qu’il financerait notamment par l’évasion fiscale et les fraudes fiscales. Les «20 à 25 milliards d’euros» qui peuvent être récupérés sur «l’évasion fiscale, les fraudes fiscales, à la TVA et aux cotisations sociales» peuvent être affectés selon lui «à la baisse des impôts et au désendettement». «La taxe sur les GAFA, (qui rapporte) 400 millions d’euros (à l’État) c’est une blague», a-t-il également jugé. «La France, c’est un paradis fiscal pour les GAFA. C’est 3, 4, 5 fois plus qu’il faudrait leur prendre!»

En revanche, le président des Hauts-de-France est contre la suppression de l’ISF. «Ceux qui gagnent beaucoup d’argent, ils paient plus d’impôts. Il faut s’assurer qu’ils ne passent pas à côté de l’impôt», a-t-il jugé. «C’est normal qu’ils paient plus d’impôts. Ils gagnent beaucoup plus d’argent. Il faut qu’on arrête cette politique de zig zag. Je plaide pour une remise à plat fiscale».

«Si on vit plus longtemps, il faut accepter de travailler plus longtemps».

Par ailleurs l’ancien ministre des Affaires sociales ne veut «pas de réforme a minima» des retraites. «Je pense que chaque année il faut repousser l’âge de départ de 2 à 3 mois. Ce qui veut dire qu’en 2028-2030 on serait à 64 ans comme âge légal et qu’en 2032-2035 on serait à 65 ans», a-t-il détaillé en soulignant que «si on vit plus longtemps, il faut accepter de travailler plus longtemps».

«Ce que je propose c’est que les sommes qui sont dégagées, c’est-à-dire 6 millions d’euros par an, quand on a augmenté d’un an. Dans ces conditions-là on pourrait permettre aux entreprises de cotiser un peu moins et surtout aux salariés de cotiser un peu moins, de garantir de meilleures retraites et qu’on arrête avec la politique de gribouille actuelle», a expliqué Xavier Bertrand. «C’est la seule solution pour garantir une retraite à nos enfants et aussi arrêter de s’en prendre aux retraités comme on le fait aujourd’hui».

Comme Laurent Wauquiez dans Le Figaro, Xavier Bertrand a lui aussi demandé le retour de l’indexation des retraites sur l’inflation. «Tous les retraités doivent pouvoir bénéficier de la garantie du pouvoir d’achat jusqu’à la fin de leurs jours».