L’avis rendu en fin de semaine aux autorités sénégalaises par un groupe d’experts dirigé par le professeur Daouda Ndiaye de l’université Cheikh-Anta-Diop évoque un potentiel essai clinique pour le supposé remède contre le coronavirus venu de Madagascar. Le Covid-Organics est composé en grande partie de plantes, dont l’artemisia, et vanté depuis plusieurs semaines par le président Andry Rajoelina.

Pour les tests grandeur nature du Covid-Organics au Sénégal, le feu vert est encore loin d’être acquis. La décision revient au ministère de la Santé, mais les autorités et certains spécialistes se montrent réservés face à la solution malgache. Les premiers échantillons sont arrivés de Madagascar, d’après le professeur Daouda Ndiaye qui a établi le protocole pour de futurs tests. Il faudra d’abord analyser ce qu’il y a vraiment dans les flacons : « Il y aura des tests en laboratoire qu’il faudra faire, vérifier que réellement tout ce qui est dit, c’est bien ce qu’il y a à l’intérieur, en termes de principes actifs, en termes d’homogénéité, en termes de composants, en termes de dosage. Également, vérifier qu’il n’y a pas d’autres produits qui seraient dedans sans le savoir », explique-t-il.

La bonne tolérance prioritaire

Ensuite seulement, l’essai clinique peut démarrer. Il concernerait un petit nombre de patients atteints par le coronavirus : « Les patients qui vont être inclus devront donner un consentement libre et éclairé, souligne le professeur Ndiaye. Il faudra surveiller les paramètres cliniques biologiques pour garantir non seulement l’efficacité éventuelle. On vérifiera en temps réel l’efficacité, mais beaucoup plus la tolérance car on ne voudrait pas qu’un produit vienne au-delà même de l’aspect thérapeutique poser des problèmes de santé au niveau des populations. »

Un protocole prudent qui devra être validé entre autres par le ministère de la Santé afin de pouvoir être mis en œuvre.