Affaire du Crédit Lyonnais: Bernard Tapie relaxé pour « escroquerie »

Accusé « d’escroquerie » et de « détournement de fonds publics », Bernard Tapie a été relaxé ce mardi par le tribunal correctionnel de Paris, dix ans après l’arbitrage controversé ayant octroyé 403 millions d’euros à l’homme d’affaires pour solder son vieux litige avec le Crédit Lyonnais. L’accusation de « détournement de fonds publics » n’a pas été retenu par le tribunal. Le PDG d’Orange Stéphane Richard et l’avocat de Bernard Tapie Maurice Lantourne ont également été totalement relaxés pour les mêmes faits.

 « Aucun élément du dossier ne permet de l’affirmer »

Pour le tribunal, « aucun élément du dossier ne permet d’affirmer » que cette sentence « ait été surprise par la fraude ». Le tribunal a prononcé son délibéré à 10 heures, en l’absence du patron du groupe de médias La Provence, qui subit à 76 ans une récidive de son double cancer de l’oesophage et de l’estomac.

Une peine de cinq ans de prison ferme avait été requise le 1er avril à son encontre. Pour le parquet, l’ancien ministre avait « truqué » l’arbitrage qui lui a accordé en juillet 2008 la somme inédite de 45 millions d’euros au seul titre du préjudice moral, en réparation d’une « faute » du Crédit Lyonnais lors de la revente de l’équipementier sportif Adidas.

Épilogue d’un contentieux de 25 ans

Cette sentence rendue par un tribunal arbitral privé aurait dû être l’épilogue d’un titanesque contentieux entre l’homme d’affaires et l’ex-banque publique, qu’il accuse depuis vingt-cinq ans de l’avoir floué. Mais la sentence a été définitivement annulée en 2015 au civil pour « fraude » et Bernard Tapie -en faillite personnelle depuis décembre 1994- a été condamné à restituer les millions perçus, dont le montant et les délais de remboursement sont encore débattus.

Christine Lagarde, la future présidente de la Banque centrale européenne (BCE), avait été condamnée fin 2016 pour « négligence » pour ne pas avoir exercé de recours contre cet arbitrage quand elle était ministre de l’Economie. La Cour de justice de la République l’avait toutefois dispensée de peine.