Les avocats d’Alexandre Benalla et Vincent Crase plaident ce mardi matin devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris l’appel sur le placement en détention provisoire de leurs clients.

La place d’Alexandre Benalla et Vincent Crase est-elle en prison? C’est la question qui est posée ce mardi matin à la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris saisie d’un appel du placement en détention provisoire des deux hommes. L’audience va débuter à 9 heures à l’ancien tribunal de Paris. Plusieurs affaires sont examinées par la cour, laissant planer un doute concernant l’heure à laquelle le dossier Crase-Benalla sera étudié.

Lors d’une audience à huis-clos et sans la présence d’Alexandre Benalla et Vincent Crase, les avocats de ces derniers vont demander leur remise en liberté après sept jours de détention. Le 19 février dernier, un juge des libertés et de la détention a prononcé un placement en détention se basant sur la violation de leur contrôle judiciaire imposé dans le cadre de leur mise en examen dans le dossier des violences du 1er-Mai.

La validité des enregistrements convoqués

Alexandre Benalla et Vincent Crase ont été incarcérés à la prison de la Santé et à celle de Bois-d’Arcy à la suite de la diffusion par Mediapart à la fin du mois de janvier d’enregistrements d’une conversation entre les deux hommes. Le site en ligne date cet échange au 26 juillet dernier, soit quatre jours après leur mise en examen pour « violences en réunion » lors des manifestations du 1er mai. Les enregistrements avaient été transmis à la justice.

Reste que pour la défense d’Alexandre Benalla et Vincent Crase, cette détention provisoire n’a rien de justifié. Les avocats, Me Jacqueline Laffont et Me Christian Saint-Palais, contestent la légitimité des enregistrements de Mediapart. Alors que des experts travaillent toujours sur la véracité des sons, et alors qu’on ne sait toujours rien des conditions dans lesquelles ils ont été enregistrés, ils estiment qu’on ne peut révoquer le contrôle judiciaire de leur client en se basant sur ce simple argument. Les avocats vont également évoquer le bug de mardi dernier, qui a permis à Alexandre Benalla et Vincent Crase de se retrouver pendant une heure dans l’enceinte même du palais de justice.

Vendredi dernier, le président de la Chambre de l’instruction du tribunal de Paris a rejeté le référé-liberté déposé par leurs avocats qui demandaient, dans le cadre de cette procédure en urgence, la suspension des effets du mandat de dépôt prononcé à l’encontre des deux hommes.