Voilà maintenant deux ans, le Nutri-score débarquait dans les rayons des magasins français. Cet indicateur, qui se veut simple et visuel, utilise une notation par lettres (de A à E) et couleurs permettant au consommateur d’évaluer rapidement la qualité nutritionnelle d’un produit. Si seulement 14% des Français déclarent lui accorder de l’importance, les résultats des ventes sur le début d’année 2019 mettent en évidence un lien entre l’arrivée du Nutri-score et une plus forte appétence pour les produits sains.

D’après la société d’analyse de données Nielsen, les ventes de produits ayant obtenu les notes A ou B sont en progression cette année (respectivement +1% et +0,8%), alors que les produits notés C et D reculent (-1,1% et -0,2%).

Pour Emmanuel Fournet, Directeur Insights Distribution chez Nielsen, «ces chiffres sont la résultante d’un triple phénomène, conjonction de la volonté gouvernementale, des aspirations sociétales et des initiatives des différents acteurs, industriels et distributeurs. Les marques sont de plus en plus enclines à lancer des produits plus sains, à revoir leurs recettes, et les consommateurs montrent un appétit certain pour des produits plus sains.»

Ce changement dans les préférences des consommateurs rebat les cartes dans les rayons. Pour Emmanuel Fournet, «de plus en plus, les nouveaux produits arrivant en rayon proposent des compositions moins sucrées, moins grasses». Ainsi, les entreprises qui ont su s’adapter aux nouvelles attentes des consommateurs, en rendant leurs produits plus sains, bénéficient de bons résultats.

C’est particulièrement vrai pour le «jambon cuit». Après les scandales qui ont secoué la filière dans les dernières années, les consommateurs se tournent vers les produits les moins salés. Résultat: les ventes des produits les mieux notés sont en progression de 16,5%.

Même constat au rayon «pané traiteur», dans lequel les ventes progressent de 30% pour les produits notés A. Dans cette catégorie, les produits ayant obtenu un D perdent 14% de parts de marché.

Enfin, on note que les efforts déployés par les marques de soda pour conserver leurs clients ont porté leurs fruits. «Les [entreprises] sont particulièrement attentives aux attentes de “manger sain” des consommateurs, et revoient leurs recettes en conséquence, voire innovent comme les marques de soft-drinks avec de récents lancements de boissons au thé faibles en calories», explique Emmanuel Fournet.

Tous les indicateurs ne sont pas au vert

Attention tout de même à ne pas confondre les stocks et le flux, car malgré cette progression, les produits «verts» sur l’échelle Nutri-score restent minoritaires dans les rayons. D’après l’étude, ils ne représentent encore que 31% du chiffre d’affaires alimentaire en grande surface. Les produits «rouges», quant à eux, comptent encore pour près de la moitié des ventes des produits étudiés.