L’assassinat il y a un an par un néo-nazi d’un responsable chrétien-démocrate soutenant la politique migratoire d’Angela Merkel avait choqué l’Allemagne. Pour la première fois depuis la guerre, une personnalité politique était tuée par l’extrême droite. Le début du procès ce mardi à Francfort constitue donc une étape importante.

Avec notre correspondant à Berlin,

Ils n’étaient pas obligés d’être présents. Mais la veuve de Walter Lübcke et ses enfants ont tenu à assister à l’ouverture du procès ce mardi matin contre le meurtrier de l’ancien préfet. « Ils veulent envoyer un geste clair contre la haine et la violence » a expliqué le porte-parole de la famille qui s’est portée partie civile.

Des personnes ont passé la nuit devant le tribunal de Francfort pour assister au procès où peu de places sont disponibles pour le public et la presse en raison de la pandémie de coronavirus.

Stephan Ernst s’est certes rétracté après une première déposition lors de laquelle il avait avoué le crime contre l’ancien préfet pro-migrants, haï du fait de ses positions dans les milieux d’extrême droite.

Mais les charges contre le quadragénaire notamment son ADN retrouvé sur le lieu du crime sont très lourdes. L’ancien militant néo-nazi qui a une longue carrière xénophobe et violente derrière lui encourt la réclusion à perpétuité. Il sera en revanche plus difficile pour la justice de prouver que Markus H. qui a entraîné Stephan Ernst au tir était directement au courant des plans de l’accusé principal.

Au-delà le procès sera peut-être l’occasion de tirer au clair les erreurs commises par les autorités. Une commission d’enquête parlementaire au Parlement de Hesse est consacrée à ce dossier sensible.