Après un week-end de protestations parmi les plus violentes depuis le début du mouvement de contestation à Hong Kong, de nouveaux appels à la grève générale ont été lancés lundi.

Après un week-end marqué par de graves violences, Hong Kong vivait lundi 2 septembre de nouvelles turbulences avec des appels à la grève générale et à un boycott des cours dans les universités.

Dès les premières heures de la journée, les manifestants ont semé le chaos dans les métros et trains durant les heures de pointe. Habillés de noir, un certain nombre d’entre eux ont bloqué les portes des trains dans plusieurs stations, les empêchant de démarrer et causant d’importants retards sur tout le réseau.

L’ampleur des perturbations générées a cependant été sans aucune mesure avec le chaos créé le 5 août, quand des opérations de blocage avaient paralysé pendant plusieurs heures l’ensemble d’un réseau d’ordinaire d’une efficacité remarquable.

Les autorités hongkongaises ont autorisé deux nouvelles manifestations, alors que plusieurs mouvements d’opposition ont appelé à la grève générale.

Par ailleurs, les universités devaient reprendre les cours lundi après les vacances d’été, mais les étudiants ont appelé à boycotter les cours pendant deux semaines ainsi qu’à un rassemblement dans l’après-midi.

Chaos

Hong Kong a connu samedi une journée de protestations parmi les plus violentes depuis le début du mouvement. Et dimanche, des milliers de manifestants prodémocratie ont tenté de bloquer les accès de l’aéroport en érigeant des barricades à l’aide de chariots à bagages, avant d’être chassés par la police.

Beaucoup de manifestants se sont alors déplacés vers la ville de Tung Chung, par laquelle passe l’unique route menant à l’aéroport. Ils ont utilisé des tuyaux pour inonder la station de métro de cette localité et aussi brûlé un drapeau chinois, un geste susceptible de provoquer la fureur de Pékin. Nombre de passagers coincés dans les embouteillages provoqués par ces actions ont été contraints de finir à pied le trajet menant à l’aéroport. Une quinzaine de vols ont dû être annulés.

Les manifestants n’ont en théorie plus le droit de protester à l’aéroport, en vertu d’un arrêté qui avait été pris le mois dernier après que des rassemblements dans ses terminaux eurent dégénéré et affecté des centaines de vols. Mais ils se sont souvent affranchis des interdictions.

Des violences ont plongé samedi soir plusieurs quartiers dans le chaos jusque tard dans la nuit. Des contestataires ont notamment incendié une énorme barricade dans le quartier de Wanchai (centre), à une centaine de mètres du QG de la police. Des scènes chaotiques se sont poursuivies dans toute la ville, la police pourchassant les manifestants jusque dans les stations de métro.

« La police est une pègre sous licence »

« La police est une pègre sous licence, avec un permis d’attaquer et d’agresser », a déclaré à l’AFP le député prodémocratie Kwok Ka-ki. « Le gouvernement n’est pas différent d’un régime autocratique. »

Une quarantaine de personnes ont été arrêtées dans une station. « La sécurité des policiers et de la population est gravement menacée par cette escalade de la violence et l’utilisation de plus en plus fréquente par les manifestants d’armes meurtrières », a affirmé la police dans un communiqué. Celle-ci a indiqué avoir samedi soir effectué deux tirs de sommation après avoir été attaquée par un groupe de « manifestants violents qui ont même tenté de voler les armes de la police ».

Les services hospitaliers de la ville soigné 31 dénombrent blessés, dont cinq gravement touchés.