D’après France 3 Hauts-de-France, Martine Aubry avait bien été informée de la visite des deux ministres au CHRU de Lille, contrairement à ce qu’elle affirmait.

La maire PS de Lille Martine Aubry a reproché aux ministres Nicole Belloubet et Agnès Buzyn en visite vendredi dernier au CHRU de sa ville ne pas avoir prévenu de leur venue. La séquence immortalisée par deux vidéos, de la « Voix du Nord » et de « 20 Minutes », a tourné tout le week-end, les anti-Macron y voyant la preuve du mépris du gouvernement pour les élus.

« On ne prévient pas l’ancien monde, dont je suis. Je suis maire de Lille, présidente du CHRU, je n’ai pas été prévenue de votre visite sauf hier soir par le préfet », a lâché sèchement Martine Aubry à l’arrivée des ministres au pied de l’établissement. « Je trouve quand même inacceptable, je vous le dis comme je le pense. […] Je suis habituée, c’est comme ça en permanence avec ce nouveau gouvernement, et après on nous parle de République et de démocratie… », poursuit l’élue, visiblement furieuse.

Aubry a été prévenue plusieurs jours avant

La colère de l’ancienne ministre était-elle vraiment justifiée ? Pas tout à fait, si l’on en croit France 3 Hauts-de-France. Car contrairement à ce qu’a déclaré l’ex-patronne du PS, elle n’a pas été prévenue la veille du passage des deux ministres. Joint par la chaîne locale, le service de presse de la maire de Lille admet d’ailleurs que l’élue a été prévenue deux jours avant, « trois-quatre jours » auparavant rectifie même le CHRU de Lille, dont Martine Aubry est présidente du Conseil d’administration.

Ce qui fait dire à France 3 que « Martine Aubry, qui se montre ‘vexée’ d’avoir été prévenue au dernier moment, n’a pas été complètement oubliée par les services préfectoraux et/ou ministériels ».

Une version corroborée par la ministre de la Justice Nicole Belloubet qui, au micro de BFMTV, répond à la maire de Lille : « Il va de soi que comme je le fais à chaque fois que je me rends sur un territoire les élus sont prévenus. Toujours. De manière systématique. Et je crois savoir que ça a été le cas en l’espèce, et qu’elle avait même fait savoir qu’elle viendrait. Mais je ne veux pas aller au-delà car ce n’est pas ce qui m’intéresse. »