Le journaliste avait été condamné en décembre dernier à 18 mois de prison pour cyber-harcèlement après une plainte du procureur de la République. Son procès en appel devait se tenir ce mardi, mais à peine ouverte, l’audience a été renvoyée.

Avec notre correspondant à Cotonou, Jean-Luc Aplogan

Dès le début de l’interrogatoire du journaliste, sa défense a versé au dossier un document. Ce qui a déplu à la partie civile qui a protesté. L’échange a donc été un peu vif entre les avocats. « Nous découvrons ce document qui contient des audios », fait alors remarquer Me Elie Vlavonou, un des avocats du procureur, avant d’ajouter : « Nous ne sommes même pas équipés pour les écouter. »

L’avocat estime que le nombre de pièces et le contenu ne permettent pas d’en faire un examen sérieux dans la foulée. « Une pièce produite doit être communiquée au préalable. Ce n’est pas à l’entame de l’audience qu’il faut la déposer. On a voulu surprendre la partie civile. Nous on était un peu vigilants. »

La partie civile a donc demandé au président un peu de temps pour en prendre connaissance. Le président a accédé à sa requête et renvoyé le dossier au 5 mai. En face, Me Robert Dossou, vétéran du barreau béninois dit ne pas être mécontent du report, mais rappelle les règles en matière de communication de pièce. « Il n’y a pas de temps en matière pénal pour produire des documents. On peut même les produire au moment des plaidoiries ».

Ignace Sossou a passé très peu de temps à la barre où il a plaidé non coupable. D’entrée, le nom de CFI est apparu dans le débat. L’agence française de développement média était l’organisateur de l’atelier au cours duquel le procureur aurait tenu les propos relayés par le journaliste.

« Avez-vous modulé les propos du procureur ? », a notamment interrogé le président. « Non », a répondu Ignace Sossou. Le président lui a alors opposé la première lettre de CFI qui a désavoué sa publication. Et le journaliste de rétorqué : « CFI est revenu sur ce premier courrier. »

L’interrogatoire n’a pas été loin à cause de l’objection des avocats du plaignant sur les nouveaux éléments versés au dossier pour défendre le journaliste.