Après un an d’enquête, la police judiciaire a saisi 51 kilos d’héroïne et emprisonné sept personnes qui étaient liés à un trafic.

Treize personnes ont été interpellées dans le sud-ouest de la France et aux Pays-Bas après un an d’une enquête qui a permis à la police judiciaire de saisir 51 kg d’héroïne, a-t-on appris mardi auprès d’un de ses responsables à Bordeaux. « C’est la plus grosse saisie d’héroïne en France cette année », a indiqué à l’AFP le commissaire Jean-Yves Goriou, chef de la division des affaires criminelles de la police judiciaire à Bordeaux. Agissant sur commission rogatoire d’un magistrat de la juridiction inter-régionale spécialisée (JIRS) de Rennes, les policiers bordelais de l’Office Central pour la Répression du Trafic Illicite des Stupéfiants (OCRTIS) ont interpellé mercredi 10 personnes en Charente-Maritime, Charente et Gironde. Simultanément, trois suspects ont été interpellés au Pays-Bas et sont en attente d’extradition.

Ces 10 personnes ont été présentées dimanche à un magistrat rennais. Sept ont été écrouées dont les organisateurs principaux : un couple de 60 ans et leur fils de 44 ans, demeurant près de Saintes (Charente-Maritime). Selon M. Goriou, tout est parti d’une « information humaine » en février 2018 sur « un réseau d’importation d’héroïne en provenance des Pays-Bas à destination de la façade Atlantique ». La famille saintongeaise s’approvisionnait aux Pays-Bas en héroïne de « très, très bonne qualité » auprès des trois hommes interpellés près de Rotterdam, âgés de 29 et 30 ans. Après deux transports identifiés en mai et septembre 2018, les agents sont passés à l’action la semaine dernière.

Mercedes, catamaran, 150 000 euros…

Quatre personnes, dont le père et le fils vivant à Saintes, se sont rendues en périphérie de Rotterdam, où elles ont chargé la marchandise dans deux camionnettes. « Ils sont descendus par le réseau routier secondaire et en respectant les limitations de vitesse », a expliqué le commissaire Goriou. Ils ont été interpellés près de Saintes, à leur retour, et les autres interpellations ont eu lieu simultanément à Saintes, Pons (Charente-Maritime), Cognac (Charente) et Bordeaux, mobilisant « une quarantaine de fonctionnaires ».

La famille dispatchait la marchandise au kilo à « une dizaine de clients semi-grossistes », dont plusieurs garagistes. « Le fils fournissait de l’héroïne à ces garagistes en échange de véhicules qu’il revendait pour blanchir son argent », dans le cadre de son commerce de voitures d’occasion, a expliqué M. Goriou. Un « laboratoire de conditionnement d’héroïne » a été découvert au domicile du père.

La mère avait à son nom un cabriolet Mercedes, deux chevaux, un catamaran – saisis, ainsi que la somme de 150.000 euros sur un compte bancaire – alors que le couple est censé vivre avec 1000 euros par mois d’aide sociale, selon le commissaire.