L’ancien candidat à la présidentielle devait réunir en toute discrétion une quinzaine de représentants des «gilets jaunes», mercredi après-midi, dans l’optique de présenter une liste aux prochaines européennes.

C’est une nouvelle tentative de liste «gilets jaunes» qui pourrait faire du bruit. Qu’importe le retournement de l’opinion à l’encontre des cohortes réfléchissantes. Qu’importe l’effondrement des intentions de vote en faveur d’une liste «gilets jaunes» le 26 mai prochain. Certains porteurs de chasuble croient encore et toujours en leur chance aux prochaines européennes. Et ils ne sont pas les seuls.

Avec cette idée en tête, les «gilets jaunes» Marc Doyer et Christophe Chalençon, un temps candidats sur la liste «RIC» avant d’en claquer la porte, ont décidé de placer toutes leurs ambitions sous le patronage, aussi politique que singulier, de l’ancien candidat à la présidentielle Jean Lassalle. Une offre, transmise à l’intéressé via son imprimeur historique, que le député des Pyrénées-Atlantiques n’a pu refuser. «Un certain nombre de “gilets jaunes” m’ont proposé de les rallier. Je ne suis pas contre. Je pensais moi-même présenter une liste de maires et de petits entrepreneurs, confirmait mercredi matin au Figaro Jean Lassalle. Ce serait une manière pour moi d’apporter et de dire autre chose que ce que l’on entend dans le débat actuel. De sortir de cette opposition aussi frontale qu’improductive entre les différents partis. Mais je ne voudrais pas contribuer à diviser ce mouvement.»

Selon nos informations, le Béarnais aidé de ses deux compères, préparait en toute discrétion depuis une semaine une grande rencontre avec une quinzaine de représentants des «gilets jaunes». Elle devait avoir lieu ce mercredi après-midi, dans un restaurant du 7e arrondissement de Paris. Mais suite à l’ébruitement au Figaro du rendez-vous, Jean-Lassalle a préféré annuler sa venue et reporter la rencontre. «Je n’abandonne pas l’idée de nouer un contact avec des “gilets jaunes”, mais peut-être par d’autres biais. Je ne veux pas leur porter préjudice». éludait finalement l’intéressé en début d’après midi. L’objectif de cette réunion était pourtant clair: échanger pour trouver des points d’accord en vue de constituer, pourquoi pas, une grande liste de rassemblement «gilets jaunes» susceptible de jouer les troubles fêtes le 26 mai prochain. Avec à sa tête, Jean Lassalle, bien sûr. L’homme avait déjà exprimé, en novembre dernier, son soutien au mouvement en arborant un «gilet jaune» en plein hémicycle. Provoquant une interruption de séance à l’Assemblée nationale.

«Le seul frein, c’est le million d’euros nécessaire»

Outre Christophe Chalençon et Marc Doyer, Jean-François Barnaba, colistier de la liste «gilets jaunes citoyens» – lancée par le chanteur Francis Lalanne – devait prendre part à ce confidentiel rendez-vous. Tout comme l’ancien directeur financier de l’UMP, aujourd’hui délégué général du mouvement Bleu blanc zèbre, Aurélien Sallé. Benjamin Cauchy, autre figure médiatique des «gilets jaunes», a quant à lui préféré décliner l’invitation. Tout comme les membres de la liste Ralliement pour une initiative citoyenne (RIC), qui voient derrière cette invitation un risque «de récupération politique». En froid avec Christophe Chalençon depuis l’organisation par ce dernier d’une rencontre avec Luigi Di Maio, le ministre italien et leader du Mouvement 5 étoiles, l’ancienne tête de liste du «RIC», Ingrid Levavasseur, n’a, elle, pas été contactée.

Réunion ou non, l’initiative tombe à pic pour Jean Lassalle qui ne cache pas depuis plusieurs mois son appétit pour le scrutin de mai. Le Béarnais et ses nouveaux amis «gilets jaunes» devront cependant surmonter nombre d’obstacles pour figurer sur la ligne de départ. Et pas seulement politique: «Le seul frein, c’est le million d’euros nécessaire pour se présenter», admettait mercredi matin le député qui réunit ce samedi son mouvement Résistons! pour parler financement et rassemblement.