Comme ailleurs dans le monde, Pékin a peur d’une nouvelle flambée épidémique après le déconfinement. Quatre nouveaux cas de contamination ont été rapportés ce jeudi 14 mai, tous des cas locaux à Jilin dans le nord-est du pays. Les autorités ne veulent prendre aucun risque : les entrées et sorties de cette cité de près de 4,5 millions d’habitants sont strictement contrôlées. Et les élèves qui préparaient le bac ont dû retourner à la maison.

Avec notre correspondant à Pékin, Stéphane Lagarde

La musique se veut entraînante, les cœurs généreux. Mais on perçoit les larmes qui coulent sur les joues de ces lycéens de Jilin. Les vidéos diffusées sur lea plate-forme de microblogs Sina weibo montre des élèves en survêtement rentrant chez eux. « Mon destin est entre mes mains », « restons forts, et continuons à nous battre », scandent ces élèves de classes de terminale contraints de reprendre des cours en ligne 50 jours avant le très sélectif Gaokao, le bac chinois. Car depuis le début de la semaine, cette ancienne capitale provinciale tourne au ralenti par crainte d’une nouvelle épidémie.

« La gare de Jilin est totalement bouclée, témoigne Wang Yihan, une résidente de Jilin. Les trains de passagers ne s’arrêtent pas ici. Et c’est la même chose sur les routes. Au péage, seuls les camions de marchandises peuvent passer. Les magasins, les karaokés, les cinémas sont fermés. Ceux qui veulent sortir doivent passer un test de dépistage. Si c’est négatif, ils ont le feu vert. »

Chambres d’hôtel préparées pour les quarantaines

Les 4 nouveaux cas de contaminations sur un total de 31 à Jilin, seraient liés au foyer dit « la blanchisseuse de Shulan », une ville à proximité, selon les autorités sanitaires. Signe que l’inquiétude est diffuse dans toute la région, Shenyang impose 21 jours d’isolement aux personnes arrivant de Jilin. Les autorités de la capitale de la province voisine du Liaoning affirment également avoir préparé 5 769 chambres d’hôtels pour les quarantaines.