Selon le CDC, le Centre de prévention des maladies de l’Union africaine, le continent recensait ce mercredi 92 348 cas de Covid-19, et 2 912 décès dus à la maladie. Les États les plus touchés sont l’Afrique du Sud, l’Égypte, l’Algérie, le Maroc et le Nigeria.

• Accélération du nombre de cas sur le continent

30% de cas supplémentaires de Covid-19 ont été détectés la semaine dernière, par rapport à la semaine précédente. C’est ce qu’a annoncé le chef du CDC, le docteur John Nkengasong, aux sénateurs français ce mercredi matin. Il était invité à s’exprimer en visioconférence face aux membres de la commission des Affaires étrangères et de la défense. Il s’est démarqué des discours rassurants sur l’évolution de l’épidémie sur le continent : pour lui, pas de doute, ce virus est très dangereux et se propage très rapidement. Il a fait part de sa grande inquiétude pour les pays les plus fragiles comme la Somalie et le Soudan du Sud.

Pour tenter d’enrayer l’épidémie, John Nkengasong appelle à multiplier les tests, jusqu’à 15 millions dans les deux à trois prochains mois. Il a déploré le manque sur le continent de matériel de protection, de ressources humaines et de financement. Selon lui, le CDC a besoin de 600 millions de dollars pour soutenir les efforts des pays africains contre le coronavirus.

• Report du sommet de l’OIF

L’Organisation internationale de la francophonie a officialisé le report du 18e sommet de l’organisation, prévu les 12 et 13 décembre en Tunisie, en raison de la crise mondiale. Le président tunisien Kaïs Saied s’était auparavant entretenu hier avec la dirigeante de l’OIF, la Rwandaise Louise Mushikiwabo. Il aurait proposé de l’organiser à Djerba l’an prochain, à une date qui reste à définir.

• RDC : premier décès à Lubumbashi, trafic suspendu entre les Kivu

Jusque là plutôt épargnée, la ville de Lubumbashi, la deuxième du pays, a connu mardi soir son premier décès du Covid-19. Il s’agit d’une contamination locale, dans une ville qui compte treize cas actifs.

Dans l’est du pays, la province du Sud-Kivu a annoncé la suspension du trafic avec le Nord-Kivu, après la découverte de nouveaux cas dans cette région. Tout trafic terrestre, lacustre et aérien est interdit, hors biens de première nécessité. C’est la deuxième fois que les intenses échanges entre les deux provinces sont suspendus depuis le début de la crise du Covid-19. Mardi, le gouverneur du Nord-Kivu avait annoncé de son côté l’interdiction des mouvements de population entre les villes de Goma, Rutshuru et Kiwanja, et le reste de la province et du pays.

À Kinshasa, le comité chargé de la riposte a dénoncé des séquestrations et agressions contre ses équipes dans la capitale. « Ce mouvement de résistance entraîne la paralysie des activités de surveillance, notamment la recherche active des cas », estime le bulletin journalier de la riposte.

La RDC a enregistré pour la première fois mardi plus de cent cas positifs dans la même journée (1 731 au total). Une base de données pour répertorier les malades a été mise en place. Sept des vingt-six provinces sont concernées. Le gouvernement étudie une réouverture des établissements scolaires et supérieurs dans les provinces non-touchées par le coronavirus.

• Premier discours de Paul Biya, pas de festivités pour la fête nationale au Cameroun

Pour la première fois depuis le début de la crise liée au coronavirus, le président camerounais Paul Biya s’est exprimé. Mardi soir, à la télévision nationale, il a confirmé l’annulation des festivités prévues ce mercredi pour la fête nationale. Il a appelé les Camerounais à l’union sacrée et au respect des mesures annoncées par son gouvernement, dont le port du masque obligatoire.

Le mutisme du chef de l’État, 87ans dont 37 à la présidence, a été très critiqué par ses adversaires depuis l’apparition du Covid-19 au Cameroun le 5 mars. On compte depuis plus de 3 500 cas recensés et 140 décès. Son absence avait mis le feu aux réseaux sociaux, et le gouvernement avait du démentir officiellement les rumeurs sur sa mort, mi-avril. Son adversaire Maurice Kamto avait été jusqu’à déclarer la « vacance » du pouvoir.

Dans la foulée de ce discours, celui-ci a d’ailleurs dénoncé dans un communiqué la « cacophonie » au sommet de l’État autour de l’annulation des cérémonies du jour. L’opposant s’interroge aussi sur le « sens à donner » à l’unité nationale, quand dans les régions du nord-ouest et du sud-ouest « les citoyens sont brutalisés, violentés et jetés en prison », écrit-il. Une unité aujourd’hui en péril selon Maurice Kamto.

• 150 milliards de FCFA de crédit aux entreprises du Niger

Le gouvernement du Niger lance une aide pour accorder des crédits aux entreprises privées affectées par la crise. Selon la télévision publique, le ministre des Finances et des responsables des banques et établissements financiers locaux ont signé un « accord-cadre » pour mettre en place une ligne de crédits bancaires de 150 milliards de francs CFA (229 millions d’euros). Deux guichets seront mis en place, l’un pour les grandes entreprises et doté de 100 milliards de FCFA, et l’autre pour les PME, de 50 milliards.

• État d’urgence prolongé trois semaines en Gambie

Le président gambien Adama Barrow a annoncé une prolongation de 21 jours de l’état d’urgence permettant des mesures exceptionnelles pour combattre le Covid-19. Le président a invoqué dans une allocution télévisée les pouvoirs conférés par la Constitution pour passer outre le refus opposé samedi par le Parlement à une demande de prolongation de 45 jours présentée par l’exécutif. Le chef de l’État affirme avoir conscience de l’impact des restrictions pour la population, mais souligne que la lutte contre la pandémie est « une question de survie ». La Gambie ne compte que 24 cas recensés et un décès, mais souffre économiquement des frontières fermées et du tourisme à l’arrêt.

• Tensions et approches divergentes entre Kenya et Tanzanie

Le Kenya a enregistré un record de nouveaux cas en 24 heures entre mardi et mercredi : 66 nouveaux malades, selon les autorités, ce qui amène à un total supérieur à 1 000 malades détectés.

Surtout, la crise amène à des frictions avec les voisins. Le Kenya, qui a pris des mesures fortes de confinement depuis mi-mars, a fermé ce weekend ses frontières avec la Somalie et la Tanzanie. La semaine dernière, un quart des nouveaux cas enregistrés au Kenya venait précisément de ces deux pays. Deux voisins dont la gestion de la crise inquiète à Nairobi, analyse notre correspondante Charlotte Simonart.

Afrique de l’Est: difficile coordination régionale dans la lutte contre le coronavirus

Cette décision kenyane en tout cas, n’a pas plu à John Magufuli, le président tanzanien, qui depuis le début de la crise, a décidé de laisser l’économie fonctionner. En mesure de représailles, il a interdit d’entrer sur le territoire tout camion venant du Kenya. L’ambassadeur kenyan à Dar es Salam a rappelé que les restrictions n’avaient pas pour objectif de discriminer les Tanzaniens. « Nous voulons contenir l’épidémie. Nous avons un ennemi commun. Si nous nous battons les uns contre les autres, cet ennemi tuera tout le monde », a déclaré Dan Kazungu.

La tension monte entre le Kenya et la Tanzanie sur fond de coronavirus

• Tamatave, foyer de la maladie à Madagascar, sans moyens pour lutter contre le coronavirus

La Grande Île compte 371 cas de coronavirus, dont deux décès à Tamatave. Alors que depuis une semaine, la majorité des nouveaux cas de Covid-19 se concentrent dans cette ville, le député du district Roland Ratsiraka, maire à plusieurs reprises de cette localité et ancien ministre, tire la sonnette d’alarme sur la gestion de l’épidémie dans le plus grand port du pays, rapporte Laetitia Bezain. Tamatave manque de matériel, de voitures, de masques, de blouses, le scanner du CHU est hors-service.

Madagascar: Tamatave est devenue le foyer de l’épidémie de Covid-19

• Sur RFI, Antonio Guterres appelle les États africains à soutenir le secteur agricole

Invité sur notre antenne ce mercredi, le secrétaire général de l’ONU insiste sur le fait que chaque État prenne des mesures pour soutenir son secteur agricole et assurer la circulation des denrées, alors qu’une crise humanitaire majeure menace notamment le Sahel. Sur la question du vaccin, il affirme qu’il devra voir le jour à un prix raisonnable et être accessible à tous. Il estime par ailleurs que le moratoire sur les dettes des pays les plus pauvres « n’est pas suffisant », et qu’il faut un allégement ciblé pour faire face à des « situations qui n’auront pas de solution ».

Antonio Guterres sur RFI: un vaccin contre le Covid-19 devra être «un bien public global»

• Le patron de la Banque mondiale appelle les créanciers privés à rejoindre le moratoire sur la dette

Également invité de RFI ce mercredi, le président de la Banque mondiale, David Malpass, a expliqué comment l’institution entend aider les pays pauvres, et notamment certains pays africains, à surmonter la pandémie de Covid-19 et ses conséquences économiques. Il demande par exemple aux créanciers privés de rejoindre le moratoire sur la dette adopté par le G20 en avril dernier.

David Malpass (Banque mondiale) sur RFI: «Nous cherchons à élargir le moratoire sur la dette»

• Le blues des transporteurs burkinabés

Les mesures de sortie du confinement et la reprise des activités des transports en commun, ne permettent pas aux taxis et aux transporteurs d’avoir le sourire. En effet, l’affluence est faible et les fréquences des bus ont été réduites pour limiter les pertes, nous explique Yaya Boudani dans Afrique économie, alors que chaque bus voit son nombre de passagers limité.

Burkina Faso: le blues des transporteurs impactés par le coronavirus