Dans l’archipel, frappé par une sixième vague de l’épidémie, le nombre quotidien de contaminations ne cesse d’augmenter. En raison d’Omicron mais aussi de la lenteur de la campagne de vaccination. Et depuis quelques jours, le Japon est confronté à une pénurie de tests PCR et de tests antigéniques. Reportage.

Ce pharmacien tokyoïte, comme bon nombre de ses collègues, est désormais en rupture de stock de tests antigéniques : « Ce matin, j’ai vendu les dix derniers tests qu’il me restaitEt mon fournisseur est incapable de me dire quand il pourra me réapprovisionner. »

Les tests PCR aussi sont devenus une denrée rare. En tout cas, dans un délai de moins de dix jours, ce que cette passante apprécie peu : « Je n’ai pas encore reçu ma troisième dose de vaccin et voilà maintenant que, par dessus le marché, il n’est plus possible de se faire tester, s’insurge-t-elle. Les bras m’en tombent. »

Dans les hôpitaux aussi les tests sont rationnés. « Faute de tests, on essaie de débusquer ce fichu virus via un simple examen clinique, explique un médecin. Mais ce n’est pas facile de différencier Omicron d’une grosse grippe hivernale. Et puis, c’est risqué de procéder comme ça : un Covid pas diagnostiqué, c’est l’assurance que la personne concernée va contaminer tout son entourage. »

« On en est réduits à dépister uniquement les patients les plus mal en point, renchérit son confrère. Le problème c’est que de plus en plus de malades qu’on n’a pas pu tester voient leur état rapidement se dégrader. Donc si cette pénurie de tests s’éternise et Omicron continue de se propager, on va tout droit à la catastrophe sanitaire. »

Or les Japonais n’en ont pas encore fini avec Omicron : les épidémiologistes n’entrevoient le pic de la sixième vague qu’à la fin du mois de février, au plus tôt. À ce jour, moins de 5% des Japonais ont reçu leur troisième dose de rappel.