L’enquête des experts est une mise à jour de leur rapport annuel de décembre dans lequel était déjà signalée l’existence de groupes armés étrangers dans le conflit, venus du Tchad et du Soudan, mais qui ne mentionnait pas à l’époque les mercenaires russes. Une présence russe qui avait pourtant déjà été révélée par des médias américains.

Ils seraient 800 ou 1.200, difficile de savoir combien exactement, et seraient présents sur le territoire libyen depuis octobre 2018. Ce qui est certain, c’est que la présence des paramilitaires du groupe russe Wagner irrite. Une présence qui semble aussi gêner le Kremlin qui a toujours démenti toute implication dans ce dossier. Roumania Ougartchinska, auteure de « Pour la peau de Kadhafi », revient sur le rôle de Wagner.

« Wagner est une société militaire privée comme il en existe beaucoup d’autres ces dernières années. Dans la mesure où beaucoup d’Etats se livrent à ces guerres par leur intermédiaire et ne souhaitent pas engager leur propres troupes et être visibles dans les conflits, on passe par des sociétés privées. Les Russes ont décidé aussi d’être présents avec leur propre société. Il faut savoir que c’est un marché assez juteux qui représente deux à quatre milliards d’euros. Wagner serait sous contrôle indirectement de monsieur Prigojine qui est un proche du Kremlin. Quant aux soldats qui sont recrutés, il y a des Russes mais il y a aussi des Ukrainiens, des Moldaves, des Serbes  » explique t-elle.

Une mission difficile pour l’Onu

Outre les paramilitaires de Wagner, la présence de mercenaires d’autres nationalités dans le conflit libyen est également dénoncée. Des combattants syriens seraient par exemple présents pour soutenir le Gouvernement d’union nationale à Tripoli, adversaire du maréchal Haftar que soutien Wagner.

Ceci alors que l’Onu est toujours en quête d’un médiateur pour gérer le conflit.

Selon l’éditorialiste Majed Nehme, la marge de manœuvre de l’Onu dans cette crise reste très faible. Selon lui « elle ne peut rien faire, ce sont les rapports de forces sur le terrain. On a fait la guerre contre l’ancien régime au nom de l’Onu. On est intervenu soit disant pour protéger le peuple libyen. Maintenant tout le monde se comporte pour se protéger contre le danger que constitue la Libye vis à vis des intérêts occidentaux, que ce soit sur le plan de l’immigration clandestine, le trafic, la drogue, le terrorisme ».

Dans un récent rapport au Conseil de sécurité le Secrétaire général de l’Onu, Antonio Guterres, a dénoncé la présence étrangère en Libye en violation de l’embargo sur les armes décrété en 2011, sans pour autant recommander de sanctionner les responsables présumés.