Des services se développent petit à petit pour contrer les effets néfastes du «take away».

Retrouvez tous les samedis dans la chronique «Terre d’actions» des initiatives pratiques et écolos en France et dans le monde.

Boîtes en plastique pour les salades, emballage autour des sandwichs, gobelets jetables pour le thé ou le café… Autant de déchets qui finissent à la poubelle. La restauration à emporter est mauvaise pour la planète. S’il n’existe aucun chiffre de l’Agence de l’Environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), on sait seulement que le secteur de l’emballage représentait 45% de la demande de plastique en 2017, selon PlasticsEurope. Pour y remédier, des organismes proposent aux restaurateurs des systèmes de boîtes réutilisables et consignées.

Un réseau déjà bien rodé en Suisse

Nos voisins suisses ont déjà bien avancé sur la question : depuis 2016, reCIRCLE met à disposition des restaurants un service de boîtes réutilisables qu’ils peuvent proposer à leurs clients. Cela fait suite à l’adoption, en 2005 à Berne d’une loi qui interdit le jetable lors d’événements sur la voie publique. «C’est une très bonne initiative, mais il faut des solutions pour la mettre en œuvre», explique à Libération Jeannette Morath, directrice générale de reCIRCLE.

Le principe est simple : dans plus de 1 000 restaurants partenaires en Suisse, les clients peuvent demander à être servis dans une boîte en plastique réutilisable. Ils payent alors 10 francs suisses (environ 9 euros) supplémentaires, qu’ils pourront récupérer une fois la boîte rapportée dans un restaurant partenaire. Le prix de la consigne est volontairement élevé pour inciter les clients à ne pas garder les boîtes : «On déteste produire pour les placards. Notre but, c’est que nos boîtes circulent un maximum, pas que les gens commencent une collection personnelle», poursuit la directrice.

Un système qui s’installe progressivement en France

Des initiatives comme reCIRCLE ont récemment vu le jour dans l’Hexagone. Reconcil, à Paris, et En boîte le plat, à Toulouse, pour ne citer qu’eux. Lancés en 2018, ils disposent aujourd’hui de respectivement douze et huit restaurants et commerces partenaires qu’on peut découvrir sur leurs sites.

Le fonctionnement est le même d’une ville à l’autre : moyennant quelques euros (deux à Paris, cinq à Toulouse), les clients peuvent se faire servir leur repas dans une boîte réutilisable qu’ils rapporteront plus tard pour qu’elle soit lavée et remise dans le circuit. Un principe d’économie circulaire qui permet de limiter considérablement les déchets de la vente à emporter : d’après Sofiane Hassaïne-Teston, fondateur de Reconcil, «avec 50 grammes de déchets évités par boîte et environ 15 000 boîtes servies depuis le lancement, notre service a permis d’éviter environ 750 kilos de déchets». Les contenants, fabriqués en polypropylène, sont 100% recyclables. Chaque boîte est utilisable entre 30 et 50 fois avant d’être envoyée au recyclage pour en fabriquer d’autres. Chez En boîte le plat, pas de plastique : les concepteurs ont, eux, fait le choix du verre, lui aussi recyclable.

Pour les restaurateurs, ce service de location n’est pas plus pénalisant financièrement que l’utilisation d’autres contenants : avec Reconcil, «ils payent sensiblement la même chose que pour du jetable. Le coût dépend de la quantité de boîtes qu’ils vont prendre, et on propose aussi un abonnement. C’est l’économie de la fonctionnalité : on vend un service plutôt qu’un produit».