Son avocat dénonce une décision « absurde » et « incompréhensible ». La cour d’appel de Paris a refusé mardi la demande de libération conditionnelle de Lorentxa Beyrie, ex-militante d’ETA détenue depuis 18 ans, a annoncé une source judiciaire. La chambre de l’application des peines a infirmé le jugement du tribunal d’application des peines du 19 juillet dernier qui avait fait droit à cette demande d’aménagement de peine, une décision ensuite suspendue sur appel du parquet antiterroriste de Paris.

La décision des magistrats de la cour d’appel est conforme aux réquisitions du parquet antiterroriste et du parquet général, a précisé la source judiciaire. Selon une source proche du dossier, les magistrats ont des doutes sur le fait que Lorentxa Beyrie se soit sincèrement remise en cause depuis ses condamnations.

Originaire de Cambo-les-Bains, dans les Pyrénées-Atlantiques, l’ancienne militante de 44 ans purge une peine de trente ans de prison après plusieurs condamnations pour appartenance à l’organisation armée ETA. Celle-ci a annoncé en mai 2018 sa dissolution après quatre décennies de lutte armée.

Un « dossier impeccable »

Pour l’avocat de Lorentxa Beyrie, William Bourdon, cette décision est « gravement contraire à l’esprit et à la lettre de la Loi fixant les conditions d’octroi de la libération conditionnelle ». Dans un communiqué, il rappelle que sa cliente, dont les demandes ont été plusieurs fois refusées, « avait un parcours en détention exemplaire » et un « dossier impeccable » et qu’elle a « déjà effectué 18 ans de détention ».

Anaïs Funosas, présidente du mouvement basque Bake Bidea qui appelait mardi soir à un rassemblement de soutien à Cambo-les-Bains, s’est dite « scandalisée ». « C’est une vengeance pure et simple », a-t-elle indiqué, en évoquant un processus de paix en train de se construire « qu’on nous refuse ».

Mardi dernier, la justice a également une nouvelle fois refusé la demande de libération conditionnelle de Frédéric « Xistor » Haramburu, séparatiste basque incarcéré depuis près de trente ans et condamné à la perpétuité pour avoir appartenu au commando français de l’ETA, accusé de plusieurs dizaines d’attentats meurtriers en Espagne dans les années 1980.