Plusieurs noms circulent ces jours-ci pour prendre la tête de la liste macroniste aux prochaines élections européennes, Emmanuel Macron n’ayant pas encore tranché. LREM devra également faire de la place à ses partenaires, à commencer par le MoDem de François Bayrou.

C’est l’une des dernières grandes formations à ne pas avoir encore de tête de liste pour les élections européennes du 26 mai. La République en marche ménage le suspense avant de désigner l’heureux élu, tandis que ses partenaires accélèrent pour placer celles et ceux qui pourraient siéger au Parlement européen. Si l’objectif serait d’attendre l’issue du grand débat national avant de lancer la campagne ; en coulisses, les tractations battent leur plein, comme l’ont rapporté plusieurs titres de presse ces derniers jours. Et selon Libération vendredi, le profil du futur numéro un se précise.

Emmanuel Macron, qui tranchera lui-même, serait à en croire le quotidien plutôt tenté par le choix « de l’expérience, pour sauver une UE selon lui gravement menacée », au contraire des jeunes têtes de liste choisies par les formations d’opposition – François-Xavier Bellamy pour LR a 33 ans, l’insoumise Manon Aubry 29 ans et le RN Jordan Bardella, 23. Plusieurs poids lourds de la majorité sont ainsi cités, parmi lesquels Edouard Philippe et Jean-Yves Le Drian, ce que ne confirment pas leur entourage. Le Parisien ajoute de son côté ceux du patron de Bercy Bruno Le Maire et du patron du MoDem François Bayrou, malgré son refus le mois dernier.

Le nom de la ministre Nathalie Loiseau revient avec insistance

Du côté du gouvernement encore, mais moins en vue, le nom de la ministre chargée des Affaires européennes, Nathalie Loiseau, revient aussi avec insistance pour incarner cette liste. L’intéressée ne semble pas pour l’heure d’une extrême motivation à ce sujet : « Ce n’est pas à moi d’en décider, d’évaluer mon utilité. Je vous le redis je ne suis pas candidate mais je ferai campagne », lançait-elle la semaine dernière sur RTL. Challenges relançait également vendredi dernier l’hypothèse Brune Poirson, secrétaire d’Etat à la Transition écologique. A 36 ans, elle ne serait pas vraiment une caution « expérience » mais apporterait un discours écologiste recherché par certains au sein de la majorité.

Au rayon écologiste, une autre personnalité est évoquée : Laurence Tubiana, économiste, ex-conseillère de Lionel Jospin et représentante spéciale du gouvernement français pour la conférence de Paris sur le climat en 2015. Ce choix répondrait à l’envie d’avoir un nom étiqueté « société civile » pour mener cette liste, à défaut d’être connu du plus grand nombre. Le Parisien évoque aussi l’ex-commissaire européen et patron de l’OMC venu du PS, Pascal Lamy.

Une vingtaine de places éligibles, dont au moins la moitié pour LREM

La quête de la tête de liste n’est pas le seul défi à relever pour la majorité. Il y a aussi les 78 autres places à attribuer, et en particulier celles qui vont être éligibles, sensibles politiquement. Donnée en tête cette semaine d’un sondage Ifop pour Paris Match, à 24% d’intentions de vote, la liste macroniste peut espérer autant de sièges, en tout cas au moins 20. Mais il faudra que le parti d’Emmanuel Macron fasse de la place à ses alliés, le MoDem mais aussi Agir, le parti de centre-droit du ministre Franck Riester, et le Mouvement radical. « La moitié pour eux, soit 10 sièges, le reste pour LREM (10 à 12), donc cinq femmes et cinq hommes », résumait récemment au JDD un député LREM.

  • Pour le contingent En Marche, les noms du directeur de campagne, l’ex-conseiller de l’Elysée Stéphane Séjourné, ou de l’ex-membre de la direction collégiale du parti, Astrid Panosyan, sont sur la table. Un autre écologiste est avancé par Challenges : l’actuel eurodéputé Pascal Durand, ancien patron d’EELV.
  • Chez les partenaires, le MoDem reste pour l’heure discret. Un « bureau exécutif » commun avec La République en Marche devait se tenir mardi pour préparer ces européennes mais il a été reporté en raison du rassemblement contre l’antisémitisme à Paris. « Si on a quatre places MoDem éligibles, c’est bien », résumait toutefois à l’AFP un député du Mouvement démocrate, en évoquant la sortante Nathalie Griesbeck ou Sylvie Brunet, membre du Conseil économique, social et environnemental.
  • Agir a été plus rapide. La formation fondée par d’anciens LR a annoncé mercredi avoir sélectionné ses quatre premiers candidats. Il s’agit « dans l’ordre » de la juppéiste Fabienne Keller, de l’élu nantais Xavier Fournier, de la sortante Elisabeth Morin-Chartier – une proche de Jean-Pierre Raffarin – et de Nicolas Barnier, le fils du commissaire Michel Barnier. « Mais on ne peut prétendre à briguer que deux places éligibles », jugeait auprès de l’AFP une source du parti, qui « espère une troisième place sur la liste, non-éligible, mais qui pourrait finir par siéger à la suite de démissions. »
  • Les juppéistes entreront-ils dans le quota d’Agir ou seront-ils décomptés à part? Quoi qu’il en soit, Gilles Boyer, conseiller d’Edouard Philippe après avoir été directeur de la campagne d’Alain Juppé à la primaire de 2016, nourrit des ambitions. L’hypothèse Maël de Calan, candidat malheureux à la présidence de LR en 2017 contre Laurent Wauquiez et proche de Valérie Pécresse, semble en revanche être caduque après avoir été longuement évoquée.
  • Au Mouvement radical, issu de la réunification des Valoisiens de centre-droit et du PRG, qui doit entériner sa participation à la liste centrale lors d’un congrès le 9 mars, on négocie pour trois noms éligibles : le sortant Dominique Riquet, la Valoisienne Olga Johnson, élue parisienne, et Mélanie Fortier, une conseillère régionale du Centre-Val-de-Loire issue du PRG. En désaccord, l’ancienne présidente du PRG Sylvia Pinel a annoncé qu’elle retournait dans sa formation d’origine.
  • Enfin, l’Union des démocrates écologistes (UDE, classé au centre-gauche) a lui-aussi « entamé une grosse réflexion pour participer à un rassemblement », explique son secrétaire général, Christophe Madrolle. Avec une candidature sur la liste centrale? « C’est possible, à condition que ça s’accompagne par la création d’un pôle écolo dans la majorité », justifie-t-il.