Vendredi soir, avant de s’envoler pour le G7, Donald Trump a pris une série de décisions pour sanctionner un peu plus les produits chinois et a menacé, une nouvelle fois, le vin français.

Le feu et la fureur. Donald Trump a voulu montrer les muscles avant de venir en France pour le G7. Dans une série de tweets très menaçants, le président américain s’est déchaîné contre la Chine… et la France. Mais c’est d’abord Pékin qui était visé par le locataire de la Maison blanche. Furieux de la contre-attaque chinoise dans la guerre commerciale qu’il mène depuis plus d’un an, il a opté vendredi pour la surenchère : la totalité des 550 milliards de dollars de produits chinois importés aux Etats-Unis seront frappés de taxes douanières encore plus lourdes d’ici la fin de l’année.

« Il nous faut rééquilibrer cette relation commerciale très injuste » avec la Chine, a tweeté le président en fin d’après-midi détaillant lui-même les nouveaux tarifs douaniers. A partir du 1er octobre, 250 milliards de dollars de marchandises importées seront frappées de 30% de taxes punitives contre 25% actuellement. En outre, les 300 milliards de dollars d’importations restantes seront taxées à hauteur de 15% au lieu de 10% à partir du 1er septembre.

Attaque et contre-attaque douanière

Pour éviter que le consommateur – et électeur – américain ne soit trop pénalisé pour ses achats de la période des fêtes, le président a maintenu le report au 15 décembre de cette mesure pour une liste de produits de grande consommation, notamment électroniques.

La Chine a annoncé vendredi son intention d’imposer de nouveaux droits de douane sur 75 milliards de dollars d’importations en provenance des Etats-Unis, en représailles aux taxes douanières supplémentaires que prévoit d’instaurer prochainement Washington.

Pour le président c’est une « décision politiquement motivée » et peu après l’annonce de Pékin il s’est lancé dans une salve de tweets au ton particulièrement agressif. « Nous n’avons pas besoin de la Chine et, franchement, on se porterait bien mieux sans eux », a notamment écrit le locataire de la Maison Blanche.

Donald Trump sème la panique à Wall Street

Surtout, dans l’un de ses messages, Donald Trump a « ordonné » aux sociétés américaines « de commencer immédiatement à chercher des alternatives à la Chine, y compris de rapatrier vos sociétés et de fabriquer vos produits aux Etats-Unis ».

Conséquence immédiate : les actions de plusieurs grandes entreprises, comme Caterpillar et Apple,  ont décroché à Wall Street. Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, a chuté vendredi soir de 2,37%. Le Nasdaq, à forte coloration technologique, a dégringolé de 3% et l’indice élargi S&P 500 a cédé 3%.

Cette guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine crée énormément d’incertitude et pèse sur la croissance mondiale. Donald Trump aura sans doute des explications à donner à ses collègues du G7, qu’il retrouvera samedi en France.

La taxe française sur les Gafa ne passe toujours pas à Washington

Cela ne l’a pas empêché de s’en prendre, juste avant de prendre l’avion pour Biarritz, au vin français. Si, lors d’un échange avec des journalistes dans les jardins de la Maison Blanche avant de monter dans l’hélicoptère présidentiel Marine One, il a dit s’attendre à des discussions « très productives » en France, il a aussi brandi avec force la menace de représailles à l’imposition d’une taxe française sur les géants américains du secteur des hautes technologies.

« Je n’aime pas ce que la France a fait, a-t-il lancé. Je ne veux pas que la France impose des taxes sur nos sociétés. C’est très injuste. »

« S’ils le font, nous imposerons des tarifs douaniers sur leurs vins […] Des tarifs douaniers comme ils n’en ont jamais vu », a-t-il insisté, tout ajoutant qu’il avait de « très bonnes relations » avec son homologue français Emmanuel Macron.