La Chine s’est dite ce vendredi 21 janvier « fermement opposée »à la résolution adoptée la veille par l’Assemblée nationale française, qui a qualifié de « génocide » le traitement par les autorités chinoises des Ouïgours. Pour la plupart musulmans sunnites, les Ouïgours constituent le principal groupe ethnique du Xinjiang (nord-ouest de la Chine), une région semi-désertique longtemps meurtrie par des attentats.

Les députés français ont adopté jeudi une résolution non contraignante stipulant que l’Assemblée nationale « reconnaît officiellement les violences perpétrées par les autorités de la République populaire de Chine à l’encontre des Ouïgours comme constitutives de crimes contre l’humanité et d’un génocide », et qu’elle les « condamne ». Le texte « invite le gouvernement français » à faire de même.

« Ingérence grossière »

« La résolution de l’Assemblée nationale française […] fait fi de la réalité et du bon sens en matière de droit », a déclaré Zhao Lijian, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. « Cela constitue une ingérence grossière dans les affaires intérieures chinoises. La Chine y est fermement opposée », a-t-il souligné lors d’une conférence de presse.

Le Xinjiang a longtemps été frappé par des attentats sanglants attribués à des islamistes ou des séparatistes ouïgours. La région fait l’objet depuis plusieurs années d’une politique de surveillance drastique.

Des études occidentales, fondées sur des interprétations de documents officiels, des témoignages de victimes présumées et des extrapolations statistiques, accusent Pékin d’avoir interné dans des « camps » au moins un million de personnes, majoritairement ouïgoures, d’effectuer des stérilisations et avortements « forcés » ou encore d’imposer du « travail forcé ».

La Chine dément ces accusations et présente les « camps » comme des « centres de formation professionnelle » destinés à éloigner les habitants de l’extrémisme religieux. Ils seraient désormais fermés car tous les « étudiants » auraient « achevé leur formation ».

Avant l’Assemblée nationale française, les députés de plusieurs pays occidentaux (Belgique, Royaume-Uni, Pays-Bas, Canada) avaient qualifié de « génocide » le traitement des Ouïgours par la Chine. L’administration américaine utilise également le même qualificatif.