L’ancien président américain George W. Bush a appelé à une union nationale pendant la pandémie. Un discours qui n’a pas plu à Donald Trump.

Une nouvelle fois, l’entente cordiale entre présidents présent et passés vole en éclats. Dimanche, George W. Bush a appelé à une union nationale face à la pandémie de Covid-19, qui a fait près de 67 000 morts aux États-Unis. Dans une vidéo de près de 3 minutes diffusée sur le compte Twitter du Bush Center, on entend la voix du républicain alors que des images de solidarité et de distanciation sociale sont diffusées : «Souvenons-nous à quel point nos différences sont infimes face à cette menace. […] Au final, nous ne sommes pas des combattants partisans. Nous sommes des êtres humains, aussi vulnérables et aussi merveilleux aux yeux de dieu. Nous nous élevons ou nous chutons ensemble et nous sommes déterminés à nous élever.»

Un discours d’unité bipartisane qui n’a pas plu à Donald Trump. Parmi sa (longue) série de tweets dominicaux, le président américain a cité Pete Begseth, un des présentateurs de l’émission matinale de Fox News : « »Oh et au faite [avec la faute en anglais, ndr], j’ai apprécié le message de l’ancien président Bush, mais où était-il durant la Destitution pour appeler à mettre de côté l’esprit de parti? » Il n’était nulle part pour s’élever contre le plus grand Canular de l’histoire Américaine!»

Des relations tendues

Le milliardaire ne semble pas avoir digéré que l’ancien président ne l’ait pas défendu après que la Chambre des représentants l’a mis en accusation pour «abus de pouvoir» et «entrave à la bonne marche du Congrès» dans le cadre de l’enquête sur l’affaire ukrainienne, c’est à dire les soupçons de chantage de la part de Donald Trump envers son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky pour qu’il ordonne l’ouverture d’une enquête sur Joe Biden et son fils en échange du déblocage d’une aide promise par les États-Unis.

Les relations entre Donald Trump et le clan Bush sont mauvaises depuis la campagne des primaires républicaines. Face à Jeb Bush, fils et frère d’ancien président, le milliardaire a été très virulent et n’a pas hésité à critiquer les 41ème et 43ème présidents. George H.W. et George W. Bush ont fait savoir leur opposition aux politiques qu’il prônait et le nonagénaire, décédé en novembre 2018, avait même affirmé avoir voté pour Hillary Clinton en 2016. Alors que d’ordinaire, une unité tient entre les anciens présidents et leurs successeurs, Donald Trump risque de ne pas être le bienvenu dans le clan des «ex» à l’issue de son (ou ses) mandat, tant il a également violemment attaqué Bill Clinton et Barack Obama. Le 45ème président américain, qui se trouve face à une situation sanitaire et économique sans précédent, ne les a pas appelés.