Dans une lettre ouverte, George W. Bush appelle les États-Unis à «examiner [leurs] échecs tragiques» après la mort de George Floyd.

Après Barack Obama, un autre ex-président s’exprime. George W. Bush a publié mardi une lettre ouverte, une semaine après la mort de George Floyd et l’éclatement de manifestations à travers le pays appelant à une lutte contre le racisme et les violences policières. «Laura et moi sommes angoissés par l’asphyxie brutale de George Floyd, perturbés par l’injustice et la peur qui étouffent notre pays. Pourtant, nous avons résisté à l’envie de parler car ce n’est pas le moment de donner des leçons. Il est temps pour nous d’écouter. Il est temps que l’Amérique examine ses échecs tragiques -et à mesure que nous le ferons, nous retrouverons nos forces rédemptrices», commence le communiqué du 43ème président américain, qui s’était exprimé le mois dernier pour appeler à l’unité nationale pendant la crise sanitaire. «Cela reste un échec choquant que de nombreux Afro-Américains, en particulier de jeunes hommes, soient harcelés et menacés dans leur propre pays. Cette tragédie, qui s’inscrit dans une longue série de tragédies similaires, soulève une question incontournable: comment mettre fin au racisme systémique dans notre société?», demande-t-il.

«Le plus grand défi de l’Amérique est depuis longtemps d’unifier les gens issus de parcours différents en une seule nation de justice et d’opportunité. La doctrine et les habitudes de supériorité raciale, qui ont failli briser notre pays, menace toujours notre Union. Les réponses aux problèmes américains se trouvent en suivant les idéaux américains : la vérité fondamentale que tous les êtres humains sont nés égaux et dotés de certains droits par Dieu», rappelle le républicain. «Les héros de l’Amérique -de Frederick Douglass à Harriet Tubman en passant par Abraham Lincoln et Martin Luther King Jr- sont des héros de l’unité. Leur appel n’a jamais été pour les craintifs. Ils révèlent souvent l’intolérance et l’exploitation perturbantes de la nation, des tâches sur notre histoire qu’il est parfois difficile pour une majorité d’Américains à examiner.»

Un appel à l’unité contre le discours dur de Trump

En appelant à l’unité, George W. Bush tranche avec le ton dur employé par le président américain, qui a rappelé son attachement à «la loi et l’ordre» en mettant de côté les raisons de la colère populaire, concentrant son message sur les destructions matérielles et les pillages parfois constatés pendant des manifestations. Et si George W. Bush ne le cite jamais, Donald Trump semble avoir lu le message de son prédécesseur. «Mon Administration a fait plus pour la Communauté Noire que n’importe quel Président depuis Abraham Lincoln», a-t-il tweeté, dressant une liste de lois votées : «Fonds garantis pour les universités historiquement noires, Choix de l’École, la Réforme du Système de Justice Pénale, plus faible chômage Noir, pauvreté, et criminalité de l’histoire… ET LE MEILLEUR EST À VENIR!», a promis le président candidat à sa propre succession.

Le mois dernier, Donald Trump avait accordé une interview à Fox News depuis le Lincoln Memorial et il avait déjà évoqué la mémoire de son prédécesseur, qui a aboli l’esclavage : «Ils disent toujours que personne n’a été traité plus injustement que Lincoln. Je crois que je suis plus mal traité que lui», s’était-il plaint.