François Hollande a à nouveau distillé samedi des critiques contre Emmanuel Macron, en dénonçant une façon de gouverner « qui peut paraître lointaine, distante, voire méprisante pour certains ». C’est la troisième fois en une semaine.

Six jours et trois sorties contre le pouvoir en place. Après les séances de dédicaces de son livre Les leçons du pouvoir, François Hollande continue de rencontrer des sympathisants socialistes. Il ne se lasse pas non plus des interventions médiatiques. A chaque fois, l’ancien président ne manque pas de dire ce qu’il pense des méthodes de son successeur et ancien ministre, Emmanuel Macron. « Moi, j’ai voulu être un président à la hauteur, mais pas hautain », a notamment déclaré samedi l’ancien chef de l’Etat socialiste.

Samedi : une façon de gouverner « méprisante pour certains »

Dernière sortie en date : une interview samedi à L’Echo Républicain, en marge d’un rassemblement de militants socialistes à Mainvilliers (Eure-et-Loir). « Il y a actuellement une méthode qui peut paraître lointaine, distante, voire méprisante pour certains. Moi, j’ai voulu être un président à la hauteur, mais pas hautain. Préserver le lien avec les Français. Le dialogue social », y déclare François Hollande. L’ancien chef de l’Etat dit aussi avoir conscience « qu’il faut incarner un espoir, au regard de la déception que représente le pouvoir ».

François Hollande – qui assure ne pas être animé par un « sentiment de revanche » – juge, par ailleurs, que le bilan de son passage à l’Elysée (2012-2017) est actuellement « réhabilité ». « Il faut parfois quitter la place pour voir qu’elle était bien occupée. Ce constat, je le fais sans rancoeur. Tant mieux s’il y a du pouvoir d’achat. Mon successeur en bénéficie. Pas sûr qu’il le maintienne à ce niveau », lance-t-il dans une autre attaque contre Emmanuel Macron.

Jeudi : « Rien ne peut se faire sans les élus locaux »

Deux jours avant, c’était dans un entretien à Régions Magazine que François Hollande critiquait l’attitude de l’exécutif vis-à-vis des collectivités. « Rien ne peut se faire sans les élus locaux. […] Le blocage actuel ne peut plus durer », déclare-t-il, interrogé sur le refus des régions, des départements et des communes de siéger lors de la dernière Conférence nationale des territoires. « Moi, je sais ce que je dois aux collectivités pour la mise en oeuvre de nos politiques. L’expérience d’un maire, d’un conseiller général ou régional est irremplaçable, il est en prise directe avec les problèmes concrets des citoyens, cela ne peut pas s’inventer du sommet de l’Etat », affirmait aussi l’ancien maire de Tulle.

François Hollande se disait « personnellement favorable à ce que l’on franchisse une nouvelle étape dans la décentralisation, que l’on confie de nouvelles compétences aux régions assorties de nouveaux moyens ». Il ajoutait : « Face à cela, on a actuellement un Etat qui se rétracte. Il faudrait au contraire qu’il se décontracte… »

Dimanche : « Des décisions injustes, des comportements excessifs »

En visite le week-end dernier à Tulle (Corrèze), François Hollande avait déjà égratigné Emmanuel Macron. « Si ce pouvoir-là échoue et c’est possible, à la fois par les décisions qu’il prend, injustes, par des comportements excessifs, ou par l’absence de résultats. Mais qui? Qui sera là pour le rendez-vous démocratique? », avait-il alors déclaré, lors d’un discours dans son ancien fief électoral.

Interrogé sur les conseils de réorientation donnés par Emmanuel Macron à un jeune horticulteur au chômage, François Hollande avait répondu : « Il faut parler à l’individu, à ce qu’il est et pas forcément parler en fonction de ses propres pensées. Il ne faut pas asséner une vérité, il faut aller la rechercher dans son interlocuteur. Et si on parle de l’autre on arrivera à le convaincre, si on parle de soi, on sera hautain et arrogant. »