Des manifestants ont acheminé une statue surnommée la « Dame de la liberté » en haut d’une montagne emblématique de Hong Kong.

La police a arrêté ce dimanche à Hong Kong des dizaines de manifestants au cours de plusieurs actions organisées pour réclamer des réformes démocratiques, qui ont toutefois mobilisé moins de monde et provoqué moins de violences que les précédents week-ends.

La plus symbolique de ces actions est celle de manifestants qui ont acheminé secrètement une statue devenue un étendard de leur mobilisation, et surnommée la « Dame de la liberté », en haut d’une montagne emblématique de l’ex-colonie britannique, en proclamant que ce sommet serait « sa dernière demeure ».

La statue « Lady Liberty » représente une manifestante portant un masque à gaz, des lunettes de protection et un casque. Elle tient dans une main un parapluie, symbole du mouvement pro-démocratie hongkongais, et dans l’autre une bannière noire proclamant « Libérez Hong Kong, la révolution de notre temps. » Inspirée de la « Déesse de la Démocratie », statue symbole du mouvement de Tiananmen en 1989, cette statue blanche a souvent été transportée cet été dans les manifestations à Hong Kong.

Mais dimanche, des manifestants ont annoncé qu’elle avait entrepris son dernier voyage, jusqu’au sommet du « Lion Rock », une montagne qui culmine à 495 mètres et domine la péninsule de Kowloon. Alex, l’artiste de 32 ans qui l’a réalisée, a expliqué que des protestataires avaient profité de la nuit pour emporter la statue de 80 kilos sur le chemin escarpé qui mène au sommet.

« Le Lion Rock sera sa dernière demeure », a indiqué dans un communiqué l’équipe l’ayant acheminée au sommet, en ajoutant qu’il revenait aux autorités de la laisser ou de la retirer. Cette montagne, qui doit son nom à sa silhouette qui ressemble à un lion, est depuis des années un des lieux de la contestation hongkongaise. Des manifestants y ont plusieurs fois déployé par le passé des banderoles.

Des actions dans plusieurs quartiers de la ville

Du reste, ce dimanche, les forces de l’ordre ont passé la majeure partie de l’après-midi à batailler en différents endroits avec des groupes de contestataires radicaux masqués, certains ayant bloqué des artères et jeté divers objets sur les rails de voies ferrées.

La police a annoncé avoir fait usage de gaz lacrymogène dans deux quartiers. Dans celui de Mongkok, sur la péninsule de Kowloon, des manifestants qui avaient érigé une barricade de bambous ont été appréhendés au cours d’une intervention éclair des policiers. Un peu plus tard, un journaliste de l’AFP a vu dans la même zone des protestataires frapper à coups de poing et de parapluie une femme d’âge moyen, dont ils ont en outre maculé le visage de boue, parce qu’elle avait aidé la police à démanteler des barricades.

Des policiers souvent chahutés par les passants

Dans le secteur de Tai Po, plus au nord, les forces de l’ordre ont fait irruption dans un centre commercial où des slogans avaient été tagués sur les devantures d’établissements accusés de soutenir le gouvernement hongkongais et Pékin, et un bâtiment administratif situé à proximité a été saccagé. D’autres actions ont été répertoriées dans quatre autres quartiers au moins, entraînant une intervention des policiers, qui ont souvent été bousculés par les passants.

Hong Kong traverse depuis quatre mois sa plus grave crise politique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997, avec des manifestations et d’autres actions quasi quotidiennes pour demander notamment des réformes démocratiques, sur fond de dénonciation de l’ingérence grandissante des autorités centrales chinoises dans les affaires de cette région semi-autonome.