Alors que les lycéens découvrent ce vendredi s’ils ont décroché leur bac, BFMTV.com est allé à la rencontre de ces anciens bacheliers qui ont particulièrement réussi. Des années après, que sont devenus ces petits génies aux notes supérieures à 20/20?

C’est le grand jour. Ce vendredi, les quelque 740.000 candidats qui ont passé les épreuves du baccalauréat découvrent s’ils ont décroché le précieux sésame. Parmi ces heureux bacheliers, certains auront sans doute particulièrement réussi leurs épreuves. Comme chaque année, quelques brillants candidats obtiennent leur bac avec une moyenne stratosphérique supérieure à 20/20, un phénomène possible grâce au jeu des options et des coefficients.

De futures médecins

Aliénor Vienne-Jumeau est l’une de ces lycéennes aux résultats exceptionnels. Il y a près de dix ans, elle décroche un bac S avec une moyenne de 20,13. Elle reconnaît modestement pour BFMTV.com qu’elle était « bien préparée ».

« Je ne me suis jamais trop inquiétée pour les épreuves, je n’avais pas de pression. Quand j’ai découvert mes notes, c’est vrai que cela a couronné joliment le lycée et a fait très plaisir, mais j’avais déjà tourné la page. Je pensais à ce qu’il y avait après. »

Après, c’est une classe préparatoire au prestigieux lycée parisien Louis-le-Grand puis Polytechnique, qui lui « ouvre beaucoup de possibilités ». La jeune femme se tourne ensuite vers la recherche en neurosciences puis la médecine. Aujourd’hui âgée de 27 ans, elle s’apprête à passer son internat, avec pour objectif la neurologie.

Myriam Bourhail a elle aussi fait le même choix. La jeune femme de 23 ans va entrer en sixième année de médecine. Il y a cinq ans, elle décroche le bac avec une moyenne spectaculaire de 21,03, ce qui fait alors d’elle la meilleure bachelière de France. Un titre qui lui a permis de bénéficier d’une visite particulière de l’Assemblée nationale, où elle a été applaudie par les députés. « C’est quelque chose de très impressionnant », confie-t-elle à BFMTV.com. Autre privilège accordé par ses résultats exceptionnels: une rencontre avec le roi du Maroc, pays dont sont originaires ses parents.

Des engagements politiques

Mais l’étudiante a d’autres envies: Myriam Bourhail envisage de se lancer en politique. Et figurera sur une liste aux prochaines élections municipales dans sa ville d’origine, Villers-Cotterêts, dans l’Aisne.

Un autre de ces bacheliers a lui aussi fait le choix de s’engager. Pierre-Yves Cadalen décroche en 2010 un bac L avec 20,08 de moyenne et une forte conscience politique. Il intègre Sciences po tout en poursuivant des études de philosophie afin de « penser le monde » et « agir dessus », analyse-t-il pour BFMTV.com. Lors des législatives de 2017, il s’engage à Brest au côté de La France insoumise. Aujourd’hui il boucle sa thèse tout en enseignant à l’université.

« J’aime transmettre et échanger avec les étudiants, cela permet de rencontrer des gens différents, de milieux et de classes sociales différentes. » Quant à son avenir politique, « on verra si je peux me rendre utile ».

Pour Vincent Perrot, bachelier littéraire en 2010 avec 20,57 de moyenne – passé par Henri IV, l’École normale supérieure et HEC -, l’École nationale d’administration (ENA) dont il sera diplômé en janvier prochain, aura été une réponse dans sa « quête de sens ».

« J’étais à la recherche de quelque chose de concret dans l’intérêt public. Je sais que l’ENA est très décriée mais elle permet d’agir concrètement sur la société », assure à BFMTV.com le jeune homme, qui vient d’achever un stage à l’AFP (Agence France Presse) après un précédent stage à la préfecture de la Sarthe.

Pour certains, rien n’est encore tranché

Si pour certains l’avenir semble tout tracé, pour d’autres les portes restent ouvertes. C’est le cas de Salima Mostefa-Kara, bachelière en 2013 avec une moyenne de 21,2. Un bac S en poche, elle intègre Sciences Po tout en poursuivant une licence de mathématiques, « je voulais découvrir de nouvelles matières mais aussi en conserver le plus possible », confie-t-elle à BFMTV.com. Diplômée depuis la fin du mois de juin dernier, elle entamera un master de littérature à la rentrée. « J’adore étudier », ajoute-t-elle avec gourmandise.

La même année, Astrid Montuclard décroche elle aussi un bac S avec 20,44 de moyenne. À l’époque, cette lycéenne scolarisée à Tahiti est même championne d’athlétisme et compte à son palmarès une médaille d’argent aux Jeux du Pacifique au 3000m steeple open. Elle s’imagine pédiatre et entame des études de médecine à l’Université de l’Iowa, aux États-Unis, tout en poursuivant le sport à haut niveau. Mais en quatrième année, elle décide d’arrêter. « Ce qui m’intéressait, c’était de prévenir les problèmes », explique-t-elle à BFMTV.com. Elle se tourne vers la recherche en santé publique, outre-Atlantique et en Chine. « La santé est une affaire sociétale, il ne s’agit pas que d’individus qui tombent malade. » Puis vers le boudhisme et la méditation, des domaines « dans la continuation » de son parcours, estime-t-elle.

Aujourd’hui, elle partage son temps entre l’Inde, dans l’ashram de Gandhi, et l’Espagne, engagée dans des groupes prônant la non-violence. « Je cherche à en apprendre plus dans différents endroits du monde, notamment sur les questions d’égalité et de transition climatique. »

Des rêves réalisés

Camille Leonard a quant à elle réalisé son rêve de lycéenne: devenir écrivaine. Elle qui décrochait en 2011 un bac L avec une moyenne de 20,15 a publié l’année dernière chez Hachette son premier roman, Royales. « Lorsque je suis venue voir les résultats du bac, les professeurs me félicitaient avec quelque chose en plus, je me suis doutée que ce n’était pas que pour ma mention très bien. » La jeune fille est alors reçue et médaillée au ministère de l’Éducation nationale. « J’ai eu une visite privée du ministère, il y avait plein de livres anciens, j’étais aux anges. »

Cette passionnée de lecture qui a appris seule à lire en maternelle est ainsi devenue tout naturellement éditrice après une classe préparatoire à Louis-le-Grand et un master d’édition à la Sorbonne. « Un jour, je devais avoir 5 ou 6 ans, ma mère m’a découverte en train de lire mon premier livre sans image, c’était Harry Potter », raconte-t-elle à BFMTV.com.

Un autre bachelier a lui aussi réalisé son rêve. Pierre Berolatti décroche un bac S il y a onze ans, avec 20,26 de moyenne. Il s’imagine alors dans l’aéronautique. Classe préparatoire, Polytechnique puis l’École nationale des ponts et chaussée: le jeune homme est à présent chef du service exploitation, c’est-à-dire en charge des contrôleurs aériens, à la Direction générale de l’Aviation civile.

« Lorsque l’on entre dans l’enseignement supérieur, les cartes sont rebattues. Le bac est une étape, pas une fin en soi. Cette note n’a pas été décisive pour la suite, mais ça reste une belle anecdote à raconter, comme les témoins l’ont fait avec humour à mon mariage. »