En Inde, certaines écoles rouvrent timidement depuis janvier. Mais le décrochage scolaire lié aux restrictions sanitaires reste très important, en particulier au niveau primaire. À New Delhi, des habitants donnent des leçons gratuites en plein air pour les enfants qui ne peuvent accéder aux cours en ligne.

Avec notre correspondant à New Delhi,  Côme Bastin

Sous les piliers du pont qui traverse la rivière Yamuna, ils sont une centaine de petits enfants à apprendre l’anglais. À même pas 18 ans, Kuldeep Maurya fait partie des volontaires de Panchsheel, une école gratuite de New Delhi pour les plus pauvres. Elle tente aujourd’hui de faire face à la déscolarisation liée au Covid-19.

« Nous avons repris les cours dès septembre. Aujourd’hui, les écoles ont été autorisées à rouvrir le matin. Mais ici, il n’y en a pas une ouverte avant des kilomètres. C’est une partie de la ville où les gens vivent de l’agriculture. Ces enfants ne peuvent pas aller étudier ailleurs », explique-t-elle.

Des cours en ligne sont en principe prévus en Inde. Mais selon les statistiques du gouvernement, seuls 8 % des foyers comprenant un jeune ont accès à une connexion internet. Un peu plus loin, Veena Gupta, une retraitée, donne bénévolement des cours de niveau primaire, à même le trottoir.

« Durant le mois de mai j’ai réalisé que pendant que leurs parents travaillaient, ces enfants n’avaient pas accès aux cours en ligne. Alors moi et mon mari avons voulu durant cette pandémie améliorer le sort de ces enfants défavorisés. »

Selon l’étude annuelle sur le statut de l’éducation, le nombre d’enfants de 6 à 10 ans exclus du système scolaire est passé de 2 à 5% suite à la pandémie en Inde.