Le Covid-19 n’est pas une maladie qui affecte seulement l’homme. Des tigres, des chiens et des chats ont déjà été testés positifs. Et en Indonésie, les spécialistes s’inquiètent pour l’orang-outan, ce grand singe déjà menacé de disparition.

Avec notre correspondante dans la région, Gabrielle Maréchaux

Si les centres de préservation habituellement ouverts au public ont fermé leurs portes, la menace demeure, notamment pour les singes vivant à l’état sauvage.

Les menaces ne manquaient déjà pas pour l’orang-outan avec la déforestation de son habitat naturel et le braconnage. Mais en ces temps d’épidémie, ce grand singe avec lequel nous partageons 97% d’ADN pourrait être plus encore en danger, s’inquiète Panut Hadisiwoyo, de l’Orangutan information centre : « On peut transmettre des maladies aux orangs-outans, surtout des maladies respiratoires, et bien sûr j’ai déjà vu des orangs-outans attraper une grippe ou un rhume. »

Empêcher la vie sauvage d’être infectée

Et si ce singe roux est solitaire par nature, cela ne suffira pas à lui inculquer la distanciation sociale. « Si un orang-outan dans la nature est contaminé, il n’y aura aucun moyen de contrôler la maladie facilement, et sa propagation, c’est donc un grand risque, poursuit Panut Hadisiwoyo. On doit donc essayer de d’empêcher, par tous les moyens possibles, la vie sauvage d’être infectée. Si les orangs-outans sauvages étaient infectés… Je ne peux même pas l’imaginer, l’espèce mourrait, ce serait terrible. »

Avec la déforestation de l’île de Bornéo et un cycle de reproduction parmi les plus lents des mammifères, le nombre d’orangs-outans a baissé de 80% en 75 ans.