La presse américaine s’est faite l’écho mardi de renseignements issus d’analystes militaires américains et des services sud-coréens. Selon ces sources, alors qu’il y a quelques jours une rencontre entre Donald Trump et Kim Jong-un a tourné court, il apparaît que la dictature a commencé à rebâtir une installation employée pour ses testes balistiques.

La Corée du Nord a entrepris de reconstruire ses installations employées afin d’envoyer des satellites en orbite ou tester des moteurs pour des missiles balistiques intercontinentaux, comme le signale ici le New York Times. C’est en tout cas ce qu’affirment des analystes militaires américains, et le renseignement sud-coréen sur la foi d’images satellite.

Coup d’arrêt

La nouvelle a des airs de coup d’arrêt pour la politique internationale de Donald Trump qui a fait de la désescalade coréenne, ou plus précisément de l’arrêt du programme nucléaire de Pyongyang sa priorité dans ce domaine. Elle intervient peu après une rencontre, à Hanoï, entre le président américain et Kim Jong-un. Jusqu’ici pourtant, bien lui avait pris de mettre en avant ces tractations ô combien sensibles, car les résultats, certes encore timides, parlaient pour lui.

En juin dernier, après un premier rendez-vous entre les deux hommes, la Corée du Nord avait partiellement démonté les installations de ce même site de Sohae, à Tchongchang-Ri. En septembre, un nouveau pas était fait en avant: lors d’un nouveau sommet avec Donald Trump, auquel s’était joint cette fois le président sud-coréen Moon Jae-in, Kim Jong-un avait proposé la destruction complète de la structure, sous la supervision d’experts américains.

La rencontre de mercredi dernier, dans la ville vietnamienne de Hanoï, entre le président américain et son interlocuteur nord-coréen, laissait espérer le solde de ce vieux compte, c’est-à-dire le démantèlement complet des installations balistiques au nord du 38e parallèle. Mais la discussion a finalement achoppé sur la question des sanctions. Kim Jong-un exigeait qu’elles fussent levées pour mettre à bas ses complexes nucléaires. Une réclamation disproportionnée aux yeux de Donald Trump.

Deux motifs possibles

La reconstruction du site de Tchongchang-Ri serait donc une mesure de rétorsion du régime communiste après la rebuffade des Etats-Unis? Rien n’est moins sûr selon le service de renseignement national de la Corée du sud. D’après lui, la structure aurait été relancée avant même l’événement de Hanoï, peut-être à la mi-février.

Pour ces spécialistes, deux motifs pourraient expliquer cette initiative. Le premier, bien sûr, tiendrait à l’envie de se ménager la possibilité de reprendre les tests balistiques, le dernier lancement de missile datant de novembre 2017. Le second est plus étonnant: Kim Jong-un et les siens auraient pu vouloir rendre toute leur superbe à ses installations pour faire apparaître leur démantèlement comme d’autant plus impressionnant.

L’échec de Hanoï rend de toute façon ces spéculations un peu oiseuses. Dans un cas comme dans l’autre, le processus des négociations trébuche pour la première fois, et lourdement.