L’Île-de-France avait déjà fait de la lutte contre la violence faites aux femmes sa grande cause régionale en 2017. La région a voté jeudi un vœu demandant au gouvernement que le féminicide soit officiellement reconnu dans le Code pénal. L’an passé, 121 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-compagnon en France.

« Pour certains ça paraîtra gadget, mais je pense qu’au fond ça ne l’est nullement, je pense que c’est une question de prise de conscience. Si dans le cas du Grenelle des violences faites aux femmes, nous pouvions interpeller solennellement tous ensemble et à l’unanimité le gouvernement sur cette question, cela aurait une vraie puissance », a déclaré la présidente de la région Valérie Pécresse (Libre !).

« La justice doit aussi changer de regard »

Elle a expliqué qu’il s’agissait de pouvoir, comme en Argentine, faire du féminicide « une circonstance aggravante » devant les tribunaux. « On a trouvé des excuses à des hommes qui commettaient des féminicides par le passé, parce que justement, soi-disant, ils les aimaient […] c’est un sujet sur lequel la justice doit aussi changer de regard », a-t-elle estimé.

Le vœu a été adopté par l’ensemble des groupes, à l’exception du RN qui s’est abstenu, jugeant qu’il fallait « laisser faire les cours d’assises ».

« Ce vœu est une avancée réclamée par les associations féministes », a reconnu le groupe Ensemble IDF (PS), tandis que le groupe UDI a jugé cette mesure « insuffisante mais nécessaire ».

Mobiliser « l’ensemble des moyens d’action »

Auparavant, un vœu du groupe Ensemble a acté la mobilisation par le conseil régional de « l’ensemble de ses moyens d’action pour accompagner l’État et les associations dans la lutte contre les violences faites aux femmes ». Cela va de « l’aide à la formation des forces de l’ordre, des médecins et des magistrats au recueil de la parole des femmes victimes de violences », à « une augmentation significative du soutien financier aux associations », en passant par « un plan de rattrapage en ce qui concerne le nombre de places disponibles pour les mises à l’abri d’urgence des femmes victimes de violences ».

« Pour les socialistes, c’est une vraie responsabilité d’avoir mis ce sujet sensible sur le devant de la scène : les féminicides ne peuvent plus rester l’angle mort des politiques publiques », a déclaré la présidente du groupe Nadège Azzaz.