Le gouvernement parallèle en Libye, qui soutient le maréchal Khalifa Haftar, a rouvert, hier, l’ambassade officielle de Libye à Damas, après huit ans de rupture des liens diplomatiques entre les deux pays. Hier, le drapeau libyen a été hissé sur le bâtiment de l’ambassade de Libye à Damas, qui était fermée depuis 2012. Cette réouverture intervient au moment où les forces gouvernementales syriennes, soutenues par la Russie, affrontent les forces turques et des groupes rebelles syriens supplétifs de la Turquie dans le nord-ouest de la Syrie. Or, en Libye, la Turquie soutient militairement le gouvernement d’union nationale (GNA), reconnu par l’ONU et basé à Tripoli, contesté par le pouvoir incarné par le maréchal Haftar, qui a lancé une offensive le 4 avril 2019 pour s’emparer de la capitale.

Hier, à Damas, le vice-ministre syrien des Affaires étrangères Fayçal Moqdad a indiqué que «le fait que la Syrie décide de renouer ses liens avec (…) la Libye, prouve que nous menons une seule bataille en Syrie et en Libye contre le terrorisme et ses parrains.» «Le régime turc et son chef -qui a perdu tout contact avec la réalité–intensifient leurs attaques», a ajouté M.Moqdad lors d’une conférence de presse. Le gouvernement parallèle libyen -non reconnu par l’ONU et installé dans l’est de la Libye- était représenté par son miinistre des Affaires étrangères Abdel Hadi

el-Houej et l’un de ses deux vice-Premiers ministres Abderrahmane al-Aherech. «Ce n’est pas l’ambassade de l’est ou de l’ouest» de la Libye, a poursuivi M. Moqdad, disant croire en «une seule Libye».

La Libye est minée par des violences depuis la chute du régime de Maammar El Gueddhafi en 2011 et, depuis 2015, deux autorités rivales se disputent le pouvoir avec le soutien de puissances étrangères.

Le GNA reçoit l’appui de la Turquie et du Qatar, tandis que le maréchal Haftar est soutenu notamment par les Emirats arabes unis et l’Egypte. Selon les accusations de plusieurs pays, des mercenaires russes combattent aussi à ses côtés.

La Syrie a été mise au ban du Monde arabe depuis sa suspension par la Ligue arabe fin 2011, quelques mois après les évènements déclencheurs d’un conflit qui a fait, depuis, plus de 380.000 morts et quelque 5 millions de réfugiés dont 3 en Turquie. Fin 2018, les Emirats arabes unis et Bahreïn ont rouvert leur ambassade à Damas, signalant un timide retour de la Syrie sur la scène régionale.