Au Brésil, la situation s’aggrave et la pandémie s’étend aux petites et moyennes villes. Alors que le pays est à plus de cent jours du début de l’épidémie, la courbe des contaminations est loin de décroître. Avec un bilan de près 56 000 morts et plus d’un million de cas, certaines grandes villes ont commencé à rouvrir leurs commerces. Et le monde médical s’inquiète.

Avec notre correspondante à Rio de Janeiro,  Sarah Cozzolino

Alors que Rio de Janeiro a rouvert ses bars et repris son championnat de football, le virus continue de sévir et de circuler. Roberto Kraenkel, membre de l’observatoire indépendant sur le Covid-19, se dit très préoccupé.

« Nous sommes en train de voir une croissance du nombre de cas, mais surtout dans les villes moyennes brésiliennes. Donc, ce sont des villes moyennes qui sont en train de devenir des nouveaux foyers d’infection au Brésil. »

Ces petites et moyennes villes, dont le système de santé est plus précaire, risquent d’être touchées de plein fouet par l’arrivée de l’épidémie. Pour Gulnar Azevedo e Silva, professeur d’épidémiologie à l’Université de l’État de Rio, les prochaines semaines s’annoncent très difficiles.

« Il est évident que nous ne pouvons absolument pas croire que la situation sera contrôlée dans les prochaines semaines. Ce qui nous rappelle que nous manquons cruellement d’une stratégie qui intègre les différents niveaux : national, fédéral et municipal. »

Face à l’augmentation de la circulation du virus, certaines grandes villes comme São Paulo ou Belo Horizonte ont retardé au 6 juillet l’ouverture des services non essentiels comme les bars ou salons de beauté.

Le Brésil a fait état de 990 morts au cours des vingt-quatre dernières heures, ce qui porte le nombre total de décès liés au virus à 55 961, a rapporté le ministère de la Santé. Le nombre de cas confirmés de coronavirus a grimpé de 46 860

pour un total de 1 274 974 cas, a ajouté le ministère.