A chaque prise de parole, François Hollande évoque la politique menée par son successeur et ancien ministre Emmanuel Macron. Pas toujours dans des termes très élogieux…

Le départ de Gérard Collomb du gouvernement? « L’intérim n’est pas possible pour les questions de sécurité » et il doit être le cas échéant « le plus court possible », a estimé jeudi matin François Hollande sur Public Sénat. Depuis plusieurs mois maintenant, et les dédicaces et interventions médiatiques qui ont suivi la publication de son livre Les leçons du pouvoir en avril dernier, l’ancien chef de l’Etat ne manque pas de critiquer l’attitude de son successeur. « Croyez-moi je n’ai aucun projet », a assuré François Hollande, à qui certains prêtent des envies de retour sur le devant de la scène politique.

Le JDD a compilé quelques-unes de ces sorties les plus âpres sur le compte de son successeur. Une liste non-exhaustive…

  1. Président, « il faut allier deux démarches, celle de la hauteur qui n’est pas d’être hautain, et celle de la proximité, qui n’est pas simplement d’être tactile ». (4 octobre, Public Sénat)
  2. « Il y a actuellement une méthode qui peut paraître lointaine, distante, voire méprisante pour certains. » (29 septembre, L’Echo Républicain)
  3. « Rien ne peut se faire sans les élus locaux. […] on a actuellement un Etat qui se rétracte. Il faudrait au contraire qu’il se décontracte… » (27 septembre, Régions Magazine)
  4. « Si ce pouvoir-là échoue et c’est possible, à la fois par les décisions qu’il prend, injustes, par des comportements excessifs, ou par l’absence de résultats. Mais qui? Qui sera là pour le rendez-vous démocratique? » (23 septembre, discours à Tulle)
  5. « La première des leçons, c’est qu’il faut avoir des idées, des convictions pour mener la direction du pays, on ne peut pas être simplement dans la gestion et dans l’accumulation de réformes soi-disant indispensables. » (31 août, discours à Cherbourg)
  6. « Avant de s’en prendre aux plus pauvres, qu’on commence par s’en prendre aux plus privilégiés. » (31 mai, LCP-LePoint-AFP)
  7. « Macron est le président de très riches » (25 avril, Quotidien)
  8. « C’est un comportement étrange du côté de Trump. Macron est plutôt passif dans le couple! » (25 avril, Quotidien)
  9. « Un président (…) ne peut pas réussir seul, il doit accepter qu’il y ait des pouvoirs qui rééquilibrent. » (12 avril, France Inter)
  10. « Mes gouvernements réduisaient les inégalités. Celui-là les creuse. » (10 avril, dans son livre)
  11. « J’ai toujours admis la compétition politique. Mais je pense qu’elle doit se livrer au grand jour et s’assumer franchement. Convenons que ce ne fut pas le cas ». (10 avril, dans son livre)
  12. « Toute présidence est faite de continuités et de ruptures. Aujourd’hui, il préfère les secondes aux premières » (10 avril, L’Obs)
  13. « Si dans un pays l’idée s’installe qu’il y a une fiscalité allégée pour les riches et alourdie pour les plus modestes ou les classes moyennes, alors c’est la capacité qu’il a à se mobiliser pour son avenir qui se trouve mise en cause. » (17 octobre 2017, depuis Séoul)
  14. « Il ne faudrait pas demander des sacrifices aux Français qui ne sont pas utiles. Il ne faudrait pas flexibiliser le marché du travail au-delà de ce que nous avons déjà fait, au risque de créer des ruptures. » (22 août 2017, en marge d’une visite au Festival du film francophone d’Angoulême)