La panique provoquée par la pandémie de coronavirus a mis en sourdinedes préoccupations qui occupaient le quotidien des Algériens.

Le Covid-19: un ennemi public dévastateur, un tueur en série, qui tient la vedette. L’Algérie aurait souhaité s’en passer, ne pas avoir affaire à lui. Au même titre que tous les pays de la planète.

La pandémie de coronavirus a chamboulé la manière de vivre des Algériens. S’il faut adopter désormais les gestes barrières, des mesures strictes d’hygiène, le port du masque, il faut souligner que la vie sociale a été fortement perturbée pour une société dont l’organisation sociale reposait sur la solidarité, des liens affectifs très forts marquées par des accolades, des poignées de main, qui perpétuent des traditions, des comportements sociaux ancrés en son sein depuis des lustres.

La distanciation physique en a décidé autrement. La vie des Algériens qui s’articulait autour de l’appel des cinq prières quotidiennes dont celle incontournable du vendredi qui cédait la place aux marches pacifiques populaires hebdomadaires a dû s’adapter à l’implacable loi imposée par le coronavirus. De quoi perdre ses repères! Ce n’est cependant pas que les rapports sociaux qui ont été perturbés par ce fléau ravageur. La panique provoquée par la pandémie de coronavirus a réussi aussi à mettre en sourdine des préoccupations qui occupaient le quotidien des Algériens.

Les accidents de la route, terrorisme routier par excellence, qui tenaient le haut du pavé, les risques de sécheresse qui se profilaient avec un été qui jouait les prolongations, devenu un sujet récurrent, la flambée des prix des produits de consommation des fruits et légumes, des viandes, du poisson, du prix du poulet ont été relégués au second plan. Même les prix du pétrole autour desquels étaient focalisés les regards, ont connu le même sort n’était-ce le plongeon historique qu’ils ont subi et qui les a propulsés sous les feux de la rampe, sous la pression du Covid-19 qui a fortement perturbé la consommation mondiale d’or noir.

Le baril de pétrole américain s’était effondré le 20 avril sous zéro dollar. Les cours du West Texas Intermediate (WTI) avaient plongé en territoire négatif pour la première fois de leur histoire, à moins de 37 dollars alors que le Brent de la mer du Nord, référence du pétrole algérien, s’est retrouvé autour des 16 dollars.

Les réunions de l’Opep et de ses partenaires, présidées par l’Algérie, qui se sont soldées par des réductions record les a remis sous les feux brûlants de l’actualités. Le 9 avril dernier, l’Opep et ses partenaires, dont la Russie, avaient décidé de réduire leur production de près de 10 millions de barils par jour, pour stopper le plongeon des prix.

Le 6 juin, elle a pris la décision de poursuivre cette réduction de 9,6 millions de b/j durant juillet 2020 et de procéder à une coupe de 7,7 millions de b/j à partir du 1er août jusqu’à fin décembre 2020.

Des événements qui n’ont pas dominé outre mesure les préoccupations quotidiennes de nos compatriotes. Les Algériens sont beaucoup plus enclins à voir enfin le bout du tunnel. Retrouver une vie normale, la douceur du sable fin des plages. Un rêve qui semble s’éloigner avec la recrudescence des cas de contaminés et du nombre de décès dus au Covid-19 depuis la décision par les pouvoirs publics de lever pour certaines wilayas le dispositif de confinement et de l’alléger pour d’autres.

Les comportements irresponsables, l’indiscipline, la transgression des mesures à adopter pour éviter la propagation de la pandémie, annoncent un éventuel retour à la case départ. Le Covid-19 n’en demande pas plus…