Slogans, apparitions médiatiques, hashtags… Les « insoumis » sont sur le pied de guerre alors que s’ouvre, ce jeudi 19 septembre, le procès de Jean-Luc Mélenchon et de cinq de ses proches. Ces derniers jours, militants et élus ont donné de la voix (et du tweet) dans une ambiance électrique, dénonçant une justice aux ordres.

La campagne des « insoumis » a commencé il y a plusieurs jours sur Twitter, avec le hashtag #StopLawfare, qui dénonce une instrumentalisation politique de la justice contre La France insoumise (LFI). Membres de LFI et personnalités publiques françaises comme étrangères sont notamment citées critiquant la nature du procès et, pour certaines, apportant leur soutien à Jean-Luc Mélenchon.

Le « lawfare », ce nouveau concept de Mélenchon pour se comparer à Lula

Ainsi, pour Rafael Correa, ancien président de l’Equateur, « on dirait que la France s’inspire de la droite sud-américaine la plus retardée […] ». Même Eric Dupond-Moretti, l’avocat des policiers dans cette affaire, est cité estimant que ce procès « n’est pas un procès de droit commun ». Un comble.

Un procès qui n’aurait pas lieu d’être

Jeudi matin, avant l’ouverture du procès, les « insoumis » se sont mobilisés très tôt dans les matinales pour discuter du procès et de ses enjeux. Mot d’ordre de ces interviews et de la journée : Mélenchon et ses proches sont victimes d’un « procès politique », terme employé depuis plusieurs semaines par les proches du leader de LFI. Invitée sur France-Info, la députée du Val-de-Marne Mathilde Panot dénonce « une dérive pas seulement pour nous, mais pour l’ensemble des oppositions sociales et écologistes criminalisées ». « Nous n’avons pas fait obstacle à la perquisition, nous avions le droit d’y assister, c’est dans la loi », estime-t-elle.

Non, le procès Mélenchon n’est pas politique

Sur RTL, Adrien Quatennens, lui, s’insurge contre une « justice d’exception ». Evoquant les images du coup de sang de Jean-Luc Mélenchon lors de la perquisition du siège de La France insoumise, le député du Nord reconnaît qu’une « colère s’est exprimée ce jour-là » mais ajoute : « D’autres images ont été montrées où l’on voit que Jean-Luc Mélenchon ne s’oppose pas. […] Nous espérons la relaxe. » Ces images, issues des rushs vidéo diffusés par l’émission « Quotidien », sont au centre de la défense des « insoumis ».

Ces 40 minutes d’images montrent une importante partie de l’opération de police du 16 octobre 2018, entre échanges houleux et moments de calme. Le 11 septembre dernier, La France insoumise en a posté un condensé en deux minutes sur son compte Twitter, appuyant sur le désarroi des élus présents et sur la cordialité de Jean-Luc Mélenchon et ses proches avec les enquêteurs. « Vous prenez ce que vous voulez monsieur le procureur, on ne va pas vous empêcher de faire votre travail, s’exclame notamment le leader du parti. Simplement, il faut que vous le fassiez sous les yeux des gens. »

L’audience relayée massivement sur les réseaux sociaux

A Bobigny, les militants se sont retrouvés en masse devant le tribunal. Aux abords du métro, des affichettes pointant vers le tribunal dénonçaient, elles aussi, un « procès politique ». Une formule à nouveau reprise devant le palais de justice, où députés et élus s’étaient réunis pour une démonstration de force. « Finir dans un tribunal parce qu’on crie un peu fort, mais on est où », s’est indignée la députée Caroline Fiat dans un micro. Quelques minutes plus tard, sous les cris de « Résistance ! Résistance ! », Jean-Luc Mélenchon, entouré d’Alexis Corbière et Eric Coquerel, a pénétré dans le tribunal, filmé par des militants.