Les proches d’Olivier Mambakasa, tué à Grenoble, dénoncent un crime raciste

Entre 250 à 300 personnes, membres de la communauté congolaise de la région de Grenoble (Isère), ont manifesté ce samedi après-midi dans les rues de la capitale des Alpes pour dénoncer ce qu’ils estiment être un crime raciste.

Le 17 août, Olivier Mambakasa, 40 ans, originaire de la République démocratique du Congo, rentre d’une soirée avec un ami. L’homme, qui a vécu à Grenoble et qui réside à Beauvais (Oise), est venu voir sa sœur Dorkas, qui habite dans la région. Il est 4h40 lorsqu’en traversant le Village-Olympique, un quartier sensible de Grenoble, Olivier est pris à partie par un groupe de jeunes de la cité. Les agresseurs sont au nombre de trois.

« Selon le témoignage de l’ami qui l’accompagnait, Olivier a été traité de sale noir par ses agresseurs qui lui ont lancé des canettes. Il a essayé de se défendre. C’est alors qu’il a été frappé de plusieurs coups de couteau à la poitrine. Olivier ne connaissait pas ses agresseurs. Il a été tué parce qu’il était noir », relate Peter Kashama, président de la communauté congolaise de Grenoble. Très grièvement blessé, Olivier Manbakasa est décédé cette semaine.

Les meurtriers courent toujours

Partie de la gare, la manifestation s’achève sur les lieux du drame, dans le quartier du Village-Olympique, en bordure de l’avenue Edmond-Esmonin. Au sol, des traces de sang sont encore visibles. Une grande photo d’Olivier est déposée contre un poteau. Des bougies allumées en sa mémoire. Devant le portrait de son frère tué lâchement, Dorkas Mambakasa, jeune maman d’une petite fille, s’effondre en pleurant, prise de convulsions.

Entre deux sanglots, Dorkas confie : « Je veux que justice soit faite pour mon frère. Pour moi, c’est un crime raciste. On l’a insulté, traité de sale noir, de sale race. Non, il n’y a pas de sale race. » La jeune femme ne peut pas en dire plus. Elle s’effondre et est évacuée par des proches.

Des manifestants laissent éclater leur colère : « On ne peut pas laisser tuer des gens en France parce qu’ils sont noirs. Les autorités doivent réagir fermement et tout faire pour arrêter les agresseurs. Sinon, on va nous-même s’en occuper », lâche un Congolais. « Pourquoi ne parle-t-on pas plus de ce crime ? On a l’impression que ce drame n’a pas d’importance. Il y a vraiment un grand sentiment d’injustice dans notre communauté », estime une mère de famille congolaise.

Une nouvelle manifestation est prévue samedi prochain à Grenoble. Les meurtriers, eux, courent toujours. Mais une caméra de vidéosurveillance, située à proximité des lieux du drame, pourrait aider les policiers dans leur enquête.