Pour la troisième journée consécutive, les Libanais se sont mobilisés et le Parti des forces libanaises a annoncé sa démission du gouvernement.

Pour la troisième journée consécutive, les Libanais se sont mobilisés et le Parti des forces libanaises a annoncé sa démission du gouvernement

La troisième journée de manifestation s’est soldée par une démission du Parti des forces libanaises. Le chef du parti chrétien, Samir Geagea, a annoncé samedi soir le départ de son mouvement du gouvernement, sur fond d’intense crise politique et sociale.

« Nous sommes maintenant convaincus que le gouvernement est incapable de prendre les mesures nécessaires pour sauver la situation. En conséquence (notre) bloc a décidé de demander à ses ministres de démissionner », a-t-il expliqué.

Une mobilisation inédite depuis 2005

Plus tôt dans la journée, des dizaines de milliers de Libanais sont descendus dans la rue contre le pouvoir. Le mouvement, inédit depuis des années, a paralysé le pays. Cette nouvelle journée de mobilisation n’était pas sans rappeler le soulèvement populaire inédit en 2005 ayant mis fin à 29 ans de tutelle syrienne sur le Liban.

Au fil des heures, les rangs des manifestants n’ont eu de cesse de grossir aussi bien dans le centre de Beyrouth qu’à Tripoli, deuxième ville du pays, mais aussi à Tyr (sud), dans le Akkar (nord) et à Baalbeck (sud). Fait aussi rare que marquant, le mouvement a gagné plusieurs fiefs du puissant mouvement chiite du Hezbollah et de son allié Amal.

« Les gens veulent la chute du régime », ont martelé les manifestants, qui défilaient en scandant « révolution, révolution », quelques-uns portant une écharpe autour du visage après que des gaz lacrymogènes eut été tirés la veille.

« Voleurs »

Le mouvement de contestation a été déclenché par l’annonce jeudi d’une nouvelle taxe sur les appels effectués via les applications WhatsApp et Viber, annulée dans la foulée. Les manifestants conspuent désormais l’ensemble des dirigeants les qualifiant de « voleurs ». A Tripoli (nord), des enseignants et étudiants ont rallié les manifestants. Hoda Sayyour, la cinquantaine, assure ne pas vouloir déserter la rue. « Ils nous exploitent et ne font rien pour améliorer les services », déplore-t-elle.

La classe politique, quasi inchangée depuis la guerre civile (1975-1990), est accusée de corruption et de népotisme dans un pays aux infrastructures en déliquescence, et où, selon la Banque mondiale, plus du quart de la population libanaise vit sous le seuil de pauvreté.

Des tensions avec les autorités

Dans un communiqué, l’armée a appelé samedi les manifestants à « s’exprimer de manière pacifique sans porter atteinte aux biens publics et privés ».