La capitale anglaise veut rendre leur vie plus facile en atténuant le vent au pied de ses buildings.

Lors de la construction d’un gratte-ciel, l’un des défis techniques est de prévoir sa résistance au vent. Dorénavant, il faut aussi tenir compte de la façon dont le vent se propage et affecte la vie urbaine sur la terre ferme. Ce mois-ci, la célèbre City, le quartier des affaires de Londres, a adopté les premières directives sur le microclimat du vent, conçues pour promouvoir la marche à pied et la pratique du vélo en réduisant l’effet du vent sur le sol.

Une concentration de hautes tours crée une sorte de canyon étroit entre elles qui aspire l’air et l’accélère, comme par exemple dans les rues de Manhattan. Un seul building peut aussi avoir un impact quand le vent percute sa structure et se retrouve propulsé à grande vitesse vers le sol. C’est ce qui est arrivé en 2011 à Leeds, au Royaume-Uni, provoquant la mort d’un passant écrasé par un camion retourné par une rafale au pied d’un immeuble de trente-deux étages. L’enquête a démontré que la vitesse du vent au sol atteignait environ 128 kilomètres/heure, l’équivalent d’un ouragan de première catégorie.

Les recommandations londoniennes, établies par l’entreprise de consultation en ingénierie RWDI, précisent les mesures acceptables dans différentes situations. À l’aide d’une soufflerie et de prédictions informatiques, la société est capable d’anticiper la façon dont réagira un nouvel édifice et quels seront les endroits à risque.

Vitesse maximale autorisée

Après deux ans et demi de tests, différents seuils ont été définis en fonction de diverses activités. L’échelle qualifie d’«inconfortables» les vents d’une vitesse supérieure à 29 kilomètres/heure et précise qu’ils ne doivent se trouver que dans des endroits où les gens marchent rarement. Dans le cas d’une activité où l’on s’assoit sur une longue durée, comme une terrasse de café ou de restaurant, la limite est fixée à 9 kilomètre/heure. Pour ce qui est d’une assise de courte durée, comme sur un banc public, le maximum est de 14 kilomètres/heure.

Bien que cette norme ne soit pas juridiquement contraignante, les promoteurs feraient bien de la respecter, souligne l’entreprise. Pour dompter le vent, les ingénieur·es ou architectes ont plusieurs outils à leur disposition. La forme du bâtiment a son importance: en se rétrécissant à mesure qu’il s’élève, la quantité de vent qui arrive au sol est réduite. C’est le cas de la structure de l’Empire State Building. Les espaces ouverts au niveau de la rue limitent également la vitesse du vent. Même des solutions simples comme des écrans en plastique, des murs mobiles ou de la végétation ont un effet.

Plusieurs métropoles d’Amérique du Nord telles que Boston, Toronto et San Francisco collaborent avec RWDI pour suivre l’exemple de Londres.