En marge de sa visite aux Antilles, Emmanuel Macron s’est confié au JDD. Extraits.

Sa rentrée a été ratée, il compte réussir sa sortie. En visite aux Antilles depuis jeudi, Emmanuel Macron a choisi de s’afficher au plus près des habitants de ces îles, un an après l’ouragan Irma qui les avait dévastées. On l’a dit lointain, il se veut empathique. On le croit en difficulté, il se montre combatif. Loin des turbulences politiques de la métropole, il est décidé à contre-attaquer. Vendredi soir, il reçoit le JDD dans un petit salon de la résidence préfectorale de Saint-Claude.

Il veut une « liste la plus large possible en France » aux européennes

Un dîner officiel l’attend, il a gardé sa cravate, parle avec conviction. L’affaire Benalla, les défections de Nicolas Hulot et (bientôt) de Gérard Collomb, les sondages ­ravageurs, il veut répondre à tout. Résultat : un énergique plaidoyer pour réaffirmer sa « vision » à long terme et sa détermination à réformer.

« J’ai une volonté de ­retourner à un terrain qui peut être difficile, mais qui ne tolère aucune dérobade »

« En cette rentrée, précise-t‑il, j’ai une volonté de ­retourner à un terrain qui peut être difficile, mais qui ne tolère aucune dérobade. Il faut aller au contact des gens. Cela veut aussi dire accepter leur colère, leur impatience, leur détresse. » S’il est prêt à renforcer son écoute, Macron n’entend pas modifier son cap. « En aucun cas, je ne changerai de politique, martèle-t‑il. Je me suis engagé à procéder aux transformations que notre pays, depuis des décennies, avait évité par le petit jeu du tic-tac de droite et de gauche ou par les lâchetés, petites ou grandes. […] Notre priorité n’est pas de durer, mais de faire. » Il ajoute, se disant impavide face à la dégradation des sondages : « Le chantier des réformes à venir ne sera pas moins ambitieux que l’an passé. »

Quant aux élections européennes à venir, le Président « fera tout pour que les progressistes, les démocrates et ceux dont je porte la voix – je l’espère incarnée par une liste la plus large possible en France – se fassent entendre. Mais ce scrutin n’aura aucun impact sur la politique que le gouvernement doit mener. »