Le futur Premier ministre du Québec François Legault a rejeté mercredi toute association avec le Rassemblement national de Marine Le Pen.

« Contrairement à ce que serinaient les libéraux immigrationnistes béats, les Québécois ont voté pour moins d’immigration. La lucidité et la fermeté face au défi migratoire est le point commun des élections de quasiment tous les pays du monde confrontés à cet enjeu. » C’est par ce tweet signé « MLP » que Marine Le Pen a salué mardi la victoire de l’homme d’affaires François Legault aux élections législatives au Québec. Le futur Premier ministre a toutefois rejeté dès le lendemain tout lien avec la dirigeante de l’extrême droite française. « Je rejette toute association avec Mme Le Pen », a répliqué mercredi le chef de la Coalition Avenir Québec (CAQ) sur Twitter.

« Les Québécois sont accueillants et généreux. Nous allons accueillir des milliers d’immigrants chaque année, mais nous allons le faire d’une façon qui favorise l’intégration. On va en prendre moins, mais on va en prendre soin », a tweeté François Legault.

Il veut limiter le nombre d’immigrants et réfugiés au Québec

Le chef de la CAQ prône une plus grande fermeté sur l’immigration, qui menace selon lui la langue française au Québec. Il propose de ramener de 52.000 à 40.000 le nombre d’immigrants et réfugiés accueillis chaque année par la province, et de faire passer des tests de « valeurs québécoises » et de français aux immigrés, après trois ans de séjour dans la province. S’ils échouent, François Legault a menacé de les expulser, avant de reconnaître qu’il n’en avait pas le pouvoir, s’agissant d’une prérogative du gouvernement canadien.

Au lendemain de l’élection de son parti, qui réclame une plus grande autonomie pour sa province au sein du Canada, François Legault a rappelé « qu’à 40.000 immigrants par année, le Québec va continuer d’accueillir, toutes proportions gardées, plus d’immigrants que les Etats-Unis ou la France ».

Ni indépendantiste, ni fédéraliste, l’ancien homme d’affaires multimillionnaire, fondateur de la compagnie aérienne Air Transat, a fait campagne sur le thème du « changement » et se veut l’incarnation d’une « troisième voie ». Lundi soir, après deux échecs en 2012 et 2014, François Legault a finalement gagné son pari : dynamiter la traditionnelle alternance indépendantistes/fédéralistes qui rythme la vie politique québécoise depuis un demi-siècle. Dans son discours de victoire lundi, François Legault a promis « un gouvernement avec le coeur à la bonne place et les deux pieds sur terre ». Et il s’est engagé à « rassembler les Québécois » autour de trois priorités : économie, éducation, santé.