L’affaire du massacre de quatorze coupeurs de bois à Boffa Bayotte en Casamance qui date de 2018 refait surface. Douze prévenus sur les 25 détenus ont été libérés vendredi 28 janvier après avoir passé quatre ans en prison.

Avec notre correspondante à Dakar, Théa Ollivier

Sur les douze personnes libérées, dix ont obtenu un non-lieu, c’est-à-dire qu’elles ont été blanchies par le juge d’instruction au moment de l’ordonnance de clôture de l’enquête qui a été prononcée vendredi. Deux autres détenus ont bénéficié d’une liberté provisoire après avoir passé quatre ans de prison. Le reste des personnes arrêtées attendent en détention la date de l’audience du procès qui se déroulera à la chambre criminelle de Ziguinchor.

Une détention provisoire « anormalement longue »

Assane Dioma Ndiaye, président de Ligue sénégalaise des droits humains est aussi l’un des avocats des détenus. Il regrette que cette détention provisoire ait été « anormalement longue ». « Une atteinte grave aux droits de l’homme », selon lui.

Il explique alors que les dix personnes qui ont reçu un non-lieu vont demander des dommages et intérêts prévus par la loi, et « les conditions pour une indemnisation sont réunies » selon l’avocat.

Ces villageois avaient été arrêtés suite au massacre de quatorze bûcherons retrouvés morts le 6 janvier 2018 dans la forêt classée de Boffa Bayotte, au sud de Ziguinchor, non loin de la frontière avec la Guinée-Bissau.