Le Royaume-Uni a fait des provisions d’insuline pour être prêt en cas de divorce brutal avec l’Union européenne, où sont produits ces précieux médicaments.

Les députés britanniques ont rejeté mardi soir l’accord de Brexit négocié entre Londres et Bruxelles, renforçant la possibilité d’une sortie sans accord de l’Union européenne le 29 mars.

En cas de « no deal », le Royaume-Uni mettrait fin, du jour au lendemain, à 46 ans d’appartenance à l’UE, quittant le marché unique et l’union douanière sans période de transition. Voici ce qui se passerait après le 29 mars en cas de divorce sans accord :

Frais téléphoniques et bancaires

Une des premières conséquences visibles pour les consommateurs britanniques et européens concerne l’itinérance, soit la faculté d’utiliser le réseau d’un opérateur de téléphonie mobile à l’étranger. Le service, actuellement gratuit pour les consommateurs au sein de l’UE, engendrerait en cas de « no deal » des frais pour les voyageurs franchissant la Manche ou la frontière irlandaise.

Il en va de même pour l’usage de cartes de paiement, qui devrait entraîner des frais supplémentaires, tandis que les procédures bancaires seront « plus lentes », d’après Londres. Au sein de l’UE, les clients des banques d’investissement basées au Royaume-Uni ne pourront plus faire appel à leurs services financiers. De nombreux établissements ont mis en place des filiales sur le continent pour éviter les perturbations.

Paperasse

Les milliers d’entreprises qui importent ou exportent au Royaume-Uni devraient apprendre à remplir des nouvelles déclarations de douane et pourraient subir de nouvelles taxes. Londres a dit travailler avec l’industrie pour « minimiser les délais et les fardeaux supplémentaires ».

Le Royaume-Uni a également annoncé la mise en place d’un système d’indications géographiques protégées pour des produits alimentaires comme le whisky écossais ou le fromage Stilton, jusqu’ici reconnus par des labels européens. Le gouvernement a conseillé aux producteurs de demander l’obtention d’un tel statut protecteur auprès de l’UE.

Les paquets de cigarettes changeront : il faudra introduire une nouvelle iconographie pour prévenir des risques du tabagisme, les droits des photos utilisées étant la propriété de la Commission européenne.

Médicaments

Pour parer à toute éventualité, le Royaume-Uni, qui dispose de trois mois de stocks de médicaments habituellement, a augmenté ses réserves pour bénéficier de six semaines supplémentaires.

Le Royaume-Uni a notamment fait des provisions d’insuline pour être prêt en cas de divorce brutal avec l’Union européenne, où sont produits ces précieux médicaments.

Le pays quittera l’Agence européenne du médicament mais continuera à reconnaître temporairement les tests et certifications européens pour éviter une double procédure et une rupture de la chaîne d’approvisionnement.

Londres ne pourra cependant plus faire appel aux banques de sperme européennes : les établissements britanniques devront développer de nouveaux accords et pourraient faire appel à des importations venues d’ailleurs.

Avertissements aux consommateurs

Le gouvernement britannique a prévenu sa population qu’elle pourrait perdre l’accès à certains services de streaming, comme Netflix ou Spotify, une fois le pays sorti du « marché unique numérique ».

Les consommateurs qui achètent en ligne verraient leurs frais augmenter parce que les colis livrés depuis le continent ne pourront plus prétendre à une TVA allégée.

Les Britanniques en vacances en Europe pourraient également devoir obtenir un permis de conduire international car les leurs « pourraient ne plus être valables ».

Quant au transport d’animaux domestiques, il serait encadré par des règles sanitaires plus strictes.

Perturbations dans les transports

En cas de « no deal », les compagnies aériennes britanniques et européennes perdront le droit automatique d’opérer des vols entre l’UE et le Royaume-Uni. Face au risque de chaos dans les aéroports, les autorités britanniques et européennes envisagent d’accorder mutuellement des permissions temporaires aux compagnies pour permettre le maintien des liaisons aériennes.

Un arrangement similaire devrait concerner le service de train Eurostar et les autres opérateurs ferroviaires, ainsi que le transport routier.

Londres a signé des contrats avec des compagnies de ferry pour renforcer les liaisons avec le continent, espérant ainsi fluidifier le trafic et éviter des embouteillages à proximité des ports, confrontés au rétablissement des contrôles.