Plusieurs services dont celui de la maternité d’un hôpital public de Johannesburg ont dû fermer leurs portes suite au décès de six nourrissons qui avaient contracté la Klebsiella pneumonia. Cette bactérie résiste aux traitements antibiotiques habituels et peut s’avérer fatale chez des patients vulnérables. Explications.

« Nous ne pouvons plus accueillir de bébés ici », a annoncé Aaron Motsoaledi, le ministre de la santé sud-africain, lors d’une conférence de presse qui s’est tenue dimanche dernier. « Ici », c’est l’hôpital Thelle Mogoerane qui se trouve dans le township de Vosloorus, à l’est de Johannesburg et qui est contaminé, depuis le 11 juillet, par une bactérie super-résistante. Elle a déjà causé la mort de 6 nourrissons. Mais que s’est-il passé ?

Qu’est-ce que la Klebsiella pneumonia ?

Naturellement présente dans certains organes (tube digestif, poumons), cette bactérie cohabite généralement sans encombre avec l’organisme humain. Mais elle peut devenir agressive et être à l’origine d’infections chez des sujets vulnérables dont les défenses immunitaires sont affaiblies. Ainsi les personnes âgées, les patients immunodéprimés et les nourrissons présentent plus de risques de développer des angines, infections pulmonaires, urinaires ou généralisées. Elle est également souvent impliquée dans des cas de pneumonies nosocomiales.

Elle se traite généralement avec des antibiotiques mais il arrive qu’elle mute et qu’elle devienne alors multirésistante. En l’absence de traitement efficace, l’issue peut s’avérer fatale. C’est ce qui était déjà arrivé en France, en 2011, dans une clinique privée de l’Essonne où un bébé de neuf jours était décédé.

Une contamination liée à la surpopulation dans la région

Et c’est bien cette bactérie Klebsiella pneumonia qui est responsable de la mort de six nourrissons en Afrique du sud. Une contamination qui aurait commencé en juillet et qui a obligé les autorités à fermer, seulement récemment, plusieurs services dont ceux de la maternité et de néo-natalité, de l’établissement concerné.

« En déplaçant les autres bébés à l’Hôpital pour enfants Nelson Mandela et à l’Hôpital universitaire Charlotte Maxeke (également à Johannesburg, ndlr), on va pouvoir récurer et décontaminer les lieux sans déranger et cela va également nous permettre de faire face au problème structurel », a expliqué le ministre de la santé.

Selon lui, cette contamination à cette bactérie serait la conséquence de la surpopulation dans les établissements de santé publics de la région. Un excès de patients qui ne permettrait « pas d’appliquer les mesures habituelles de prévention des infections« .

En effet, les maternités et services de néonatologie de Gauteng (la province qui compte Johannesburg et Pretoria, la capitale du pays) affichent un taux d’occupation de 132% .Un chiffre trop élevé qui s’explique par une population locale qui est passée de 7 millions en 1999 à 14 millions d’habitants aujourd’hui et par la recrudescence de patients issus de pays limitrophes venus en Afrique du sud pour profiter d’une meilleure qualité de soins.

C’est pourquoi, comme le rapporte The Sowetan, un journal sud-africain en langue anglaise, Aaron Motsoaledia rappelé, dimanche dernier, l’urgence d’ouvrir 6 nouveaux hôpitaux dans la province de Gauteng.