La rumeur est partie d’un internaute qui ne donne aucun moyen de vérifier ses informations (et qui lie la maladie à des «migrants»). Elle est démentie par les autorités, qui reconnaissent toutefois un pic de gale en août.

Bonjour,

«Contrairement aux mensonges de la direction de l’hôpital, le personnel soignant confirme la quarantaine de quarante-huit heures pour épidémie de gale.» C’est ce qu’on lit dans ce tweet du 16 octobre à propos duquel vous nous interrogez. L’auteur de ce tweet met en copie un message du compte La Plume libre (@LPLDirect).

Il s’agit d’une rumeur qui est partie du même compte Twitter, mardi : «L’hôpital de Nevers en quarantaine suite à une épidémie de gale due à l’hospitalisation de migrants», affirme @LeBaronRouge55, en invitant plusieurs médias à se pencher sur la question.

Dans les commentaires, cet internaute revendique une source locale : quelqu’un de sa famille travaillerait dans cet hôpital. Son propos fait son chemin jusqu’au compte de La Plume libre.

Une source anonyme et un tweet incompris

Le responsable de La Plume libre confirme à CheckNews n’avoir pas d’autres sources que @LeBaronRouge55, qui serait derrière le «témoignage» que ce compte Twitter a relayé. La Plume libre ajoute, pour étayer son propos, que «les services de l’hôpital ont été exceptionnellement fermés» mercredi. Interrogée sur l’origine de cette information, la personne derrière le compte nous renvoie vers un tweet de mardi posté par la préfète de la Nièvre (un autre internaute voit aussi dans cette publication une preuve de l’épidémie de gale).

Ce tweet annonce la fermeture, jeudi, pour une demi-journée, des bureaux de la Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations. Mais les bureaux de la DDCSPP ne se trouvent pas à l’hôpital. Interrogée par CheckNews, la préfecture de la Nièvre précise par ailleurs que cette fermeture est due à une «assemblée du personnel», et «n’a rien à voir avec une quelconque épidémie».

Pas de quarantaine mais un pic de gale en août

Reste donc @LeBaronRouge55, source première de la rumeur. A CheckNews, la personne derrière ce compte marqué très à droite explique que quelqu’un de sa famille est «membre du personnel soignant de l’hôpital Pierre-Bérégovoy de Nevers». Sans nous mettre en contact avec elle. Relancé, notre interlocuteur affirme avoir une «autre source» qui corrobore le récit de la première. Là encore, sans nous mettre en contact avec elle ou nous en dire plus.

De son côté, la direction de l’hôpital de Nevers assure à CheckNews qu’il «n’a jamais été question ni de placer l’hôpital en quarantaine ni de fermer un quelconque service. Les professionnels continuent d’assurer la continuité des soins et des prises en charge, tout en mettant en œuvre les précautions nécessaires».

Il y a bien eu un pic de gale en août au sein de la structure, mais «l’origine ne peut pas être déterminée» car «la gale est présente sur tout le territoire», poursuit la direction.

Aussi, cette recrudescence de cas a été signalée par l’hôpital de Nevers à l’agence régionale de santé et ce, même si la gale «n’est pas une maladie à déclaration obligatoire», précise l’ARS à CheckNews. L’Agence a enregistré, depuis le début de l’année et pour l’ensemble de la région, douze autres signalements pour cette maladie.

«La gale a mauvaise réputation, en particulier parce qu’elle est encore trop souvent systématiquement associée à la promiscuité et à laprécarité, ajoute l’ARS. Mais cette maladie reste une affection sans gravité et très fréquente : l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime à 300 millions le nombre de personnes touchées chaque année.»