En deux étapes qui devraient durer plusieurs semaines, les sols contaminés devraient être progressivement dépollués.

Un peu moins de quatre mois après le terrible incendie qui a ravagé la flèche et la toiture de Notre-Dame de Paris, de nombreuses questions se posent. Si le chantier de reconstruction est temporairement retardé pour quelques semaines, le sujet des particules de plomb, qui se sont échappées au moment du sinistre, inquiète.

Invitée sur notre antenne ce mardi, Anne Souryis, adjointe à la santé à la mairie de Paris, a appelé l’ensemble des personnes concernées à effectuer un test de plombémie, qui consiste en la mesure du taux de plomb présent dans le sang. Cet appel rejoint en parti les revendications d’associations et syndicats, qui demandent une action rapide contre la contamination au plomb.

En revanche, la demande de confinement du site a été refusée par la municipalité qui estime, toujours par la voix d’Anne Souryis, que cette mesure ne serait « pas adaptée » et « pas pérenne. » Ce lundi, le recteur de la cathédrale a estimé sur Europe 1 que les personnels étant intervenus sur le chantier n’étaient « plus en danger. »

Dépollution en deux actes

Lancé en début de semaine prochaine, le chantier de dépollution devrait être terminé d’ici à la rentrée scolaire. Il devrait se diviser en deux parties. La première consiste en l’application d’un gel qui devrait permettre l’aspiration des particules de plomb qui ont pénétré dans l’asphalte, une matière poreuse et donc propice aux infiltrations.

L’application de la couche devrait durer une journée entière et concerner le parvis de la cathédrale et plusieurs zones proches de l’Hôtel Dieu, la rue de la Cité, le début de la rue d’Arcole. Elle devra sécher pendant trois jours et sera ensuite retirée progressivement, ce qui devrait prendre au moins cinq jours.

Cette première phase devrait être complétée par la seconde: l’utra-haute pression avec ajout de tensioactif. Le tensioactif est un agent chimique permettant d’augmenter les capacités d’étalement et de mouillage d’un liquide. Il sera aspiré et récupéré. Cette solution ne se fera pas en un jour mais devrait être plus rapide que celle du gel.

A la suite de ces deux opérations, un contrôle de leur efficacité devra être opéré.

Risques de saturnisme

Pour rappel, une intoxication au plomb, également appelée saturnisme, peut se traduire par de puissants symptômes: des neuropathies, une affection touchant des nerfs moteurs, déclenchant des coliques, des douleurs abdominales, des vomissements, et peut-être une hypertension artérielle chez l’adulte.

« Le plomb est l’un des toxiques majeurs, connu pour sa cancérogénité, sa neurotoxicité depuis extrêmement longtemps, en particulier chez les enfants. Cela agit aussi de façon négative sur les organes reproducteurs de l’homme et de la femme, et cela provoque des maladies digestives, rénales et cardiovasculaires », expliquait à notre antenne Annie Thébaug-Money, chercheuse à l’association Henri Pézerat.