L’ambassade de Chine en France publie les « Observations d’un diplomate chinois en poste à Paris » sur son site, où elle justifie sa gestion de l’épidémie du coronavirus, et attaque violemment les puissances occidentales.

Dans un long communiqué sur son site internet, l’ambassade de Chine en France tente de répondre dans un premier temps aux critiques faites contre son pays : retard au début de la pandémie, emprisonnement des lanceurs d’alerte, mensonge sur le nombre réel de morts en chine. Puis dans un second temps, le communiqué s’en prend directement aux Occidentaux et à leur gestion de la crise.

Il y en a pour tout le monde : pour les Occidentaux qui au début de l’épidémie parlaient de « grippette » en évoquant le Covid-19, pour les Américains qui ont limogé le commandant d’un de leurs porte-avions car ce dernier souhaitait accoster pour permettre aux marins infectés de mettre pied à terre, pour les Français enfin, accusés « de laisser mourir dans les Ehpad leurs pensionnaires de faim et de maladie ».

La Chine n’aime pas être critiquée en Chine, on le savait. Elle cherche aussi a réécrire l’histoire de cette pandémie qui a débuté chez elle, analyse Antoine Bondaz, chercheur et spécialiste de la Chine. « Je pense qu’on est au-delà de la propagande. L’objectif c’est de décrédibiliser la parole de nombreux médias, d’experts à l’étrangers ». Selon lui, l’objectif de la Chine est de mettre en avant ses arguments, « qui seraient les seuls utilisables à l’étranger ». Cela s’inscrit plus largement dans ce qu’il se passe depuis plusieurs semaines, estime le chercheur, qui accuse le pays de « réécrire ce qui s’est passé en Chine depuis le mois de novembre, et plus largement de décrédibiliser toute critique du régime chinois. »

Une bataille de chiffres pour l’histoire

Cette bataille de mots et de récit est capitale pour le régime chinois. Tout le monde sait que le chiffre de 3 339 morts en Chine est très largement sous-estimé : certains évoquent plutôt 100 000 victimes. À ce jour c’est pourtant toujours le chiffre officiel, communiqué quotidiennement, et ce chiffre officiel douteux est celui que l’Histoire retiendra.